Chine : 8 ans, un cancer du poumon

En Chine, une enfant de 8 ans est atteinte d’un cancer du poumon. Il s’agit de la plus jeune personne touchée par la maladie au sein du pays. La pollution atmosphérique est mise en cause.

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Chaque année, des centaines de milliers de personnes meurent prématurément en Chine en raison de la mauvaise qualité de l’air. - photo : Shangai. ©ThinkStock

Son identité n’a pas été révélée. Elle est pourtant devenue l’une des personnes les plus célèbres dans son pays. Une Chinoise de 8 ans a développé un cancer du poumon, en raison, semblerait-il, de la pollution atmosphérique. Il s’agit de la plus jeune patiente atteinte d’un cancer pulmonaire en Chine.

En moyenne, les cancers du poumon sont diagnostiqués à 70 ans

Selon l’agence de presse Chine nouvelle, l’enfant habite près d’un axe routier dans la province orientale du Jiangsu. Elle aurait contracté la maladie après avoir respiré de la poussière et des particules fines de manière régulière et prolongée, rapporte le Dr Jie Fengdong, médecin à Nankin dans un hôpital spécialisé en cancérologie (AFP). Si le cas de cette petite fille de 8 ans émeut le monde entier, c’est en raison de son caractère inédit. D’après les chiffres de l’American Cancer Society, les cancers du poumon sont, en moyenne, diagnostiqués à l’âge de 70 ans. Ils sont extrêmement rares chez les enfants.

La pollution de l’air inquiète les autorités sanitaires

La pollution atmosphérique en Chine représente un véritable fléau sanitaire. Chaque année, des centaines de milliers de personnes meurent prématurément dans le pays en raison de la mauvaise qualité de l’air. Le nombre de décès liés à des cancers du poumon a été multiplié par plus de quatre en l’espace de trente ans.

Deux études publiées en juillet dans The Lancet établissent un lien entre pollution de l’air et les maladies liées aux poumons, mais aussi au cœur. Dans la première, les chercheurs avancent que l’exposition à long terme aux particules fines augmente le risque de développer un cancer du poumon, et ce, même lorsque les niveaux de pollution sont en-dessous des normes européennes. « Nous pourrions avoir à ajouter la pollution de l’air, même à des concentrations actuelles, à la liste des causes du cancer du poumon », prévenait à l’époque Takashi Yorifuji, de l’université d’Hiroshima (Japon). La deuxième enquête révèle que la pollution atmosphérique augmente de 2 à 3 % le risque d’hospitalisation et de décès dû à l’insuffisance cardiaque. En octobre, une agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme les observations des scientifiques : selon elle, plus de doute possible, la pollution de l’air est bel est bien cancérigène.

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Cécile David