Cobalt 60 : Asos retire une ceinture radioactive des ventes

Une ceinture mise en vente sur le site anglais Asos a été retirée en urgence du marché. Elle contiendrait du cobalt 60, un composant… radioactif. La firme anglaise rejette la faute sur une société indienne. Une accusation suspecte.

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L'une des ceintures Asos contenant du Cobalt 60. Source : The Guardian ©DR

Du nucléaire sous le nombril ? Selon un rapport interne, une ceinture vendue sur le site londonien Asos contiendrait un composant radioactif : le cobalt 60. Les quarante-neuf produits en circulation vont être retournés d’urgence à son envoyeur. Quatorze pays seraient concernés.

> Le cobalt 60 est un « produit d’activation, artificiel, normalement présent dans les rejets liquides des centrales électronucléaires et des usines de retraitement des déchets », indique l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (Irsn).

Asos accuse la société indienne Haq International d’être responsable

« Aucune de ces ceintures n’est adaptée pour un usage public », conclut le document, consulté par le Guardian. L’accessoire en question pèse 316 grammes et est composé de 801 pièces de métal, précise Big Browser, un site hébergé par Lemonde.fr.

Les responsables d’Asos auraient repéré le problème en décembre 2012. L’entreprise, basée à Londres, accuse l’un de ses fournisseurs d’être responsable. Il s’agit de la société Haq International. Selon Asos, ce serait elle le producteur. La firme, basée en Inde, aurait vendu au total 641 ceintures radioactives à travers le monde.

D’après le rapport, « ce type d’incident est fréquent ». « L’Inde et les pays asiatiques sont de grands utilisateurs de métaux recyclés provenant du monde entier. Lors du nettoyage de ces métaux, il arrive que des morceaux radioactifs se retrouvent accidentellement mêlés, contaminant l’ensemble du processus », détaille le texte.

Ceinture radioactive : et si Asos ne disait pas tout ?

Selon le Guardian, la ceinture disponible sur le site d’Asos ne serait pourtant pas le même produit que la ceinture vendue par Haq International. La Health Protection Agency a réalisé des tests indépendants dans les locaux londoniens de la société indienne sur différents produits, dont les ceintures de métal. Les résultats sont… négatifs.

Autre fait suspect : Asos a refusé que le directeur de Haq International, Faizan Haq, examine les produits pointés du doigt. Raison invoquée : les services antiterroristes britanniques ont déclaré que Monsieur Haq représentait une menace.

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L’entreprise londonienne demande 100 000 livres (environ 117 000 euros) de dédommagement à Haq International. Elle refuse, par ailleurs, de verser les 64 000 livres (75 000 euros) qu’elle doit à la société indienne. La sanction n’est pas anodine : Haq a dû fermer son usine dans l’Uttar Pradesh (nord du pays). Dix-huit ouvriers sont au chômage depuis cinq mois. Chaque jour, ils manifestent, dénonçant l’irresponsabilité des dirigeants d’Asos. Faizan Haq est dévasté : « Ils ont ruiné ma vie », a-t-il lancé au journal britannique.

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Damien Rigat