Coma : des médecins autorisés à réveiller leur patient

Le tribunal de Strasbourg a autorisé les médecins d'un patient plongé dans le coma à essayer de le réveiller. Son épouse est opposée à la démarche.

0
4863
Des proches du patient soutiennent la position des médecins mais d'autres redoutent que « la gravité des lésions cérébrales [puisse] engendrer un handicap probablement inacceptable pour le malade », indique le tribunal. - crédit photo : Alexey Klementi ©ThinkStock

Des médecins ont obtenu l’aval de la justice pour réveiller l’un de leur patient dans le coma. Hier, mardi 8 avril, le tribunal administratif de Strasbourg a estimé que les « soins d’éveil » envisagés par l’équipe médicale du CHU de la ville « ne [pouvaient] être qualifiés d’inhumains ou dégradants ». L’épouse du malade, qui avait saisi en urgence le tribunal, redoute une « obstination déraisonnable ».

La loi Leonetti n’est pas remise en cause par le tribunal

Le patient en question avait été plongé dans le coma après un grave accident survenu en juillet 2013. Il a été transféré de l’hôpital de Colmar à celui de Strasbourg car le personnel médical estimait qu’il pouvait tenter de le réveiller. Une « amélioration notable » de son état « peut être envisagée » car il répond à certaines stimulations de son environnement. Il pourraient, par ailleurs, ressentir des émotions.

Selon le tribunal, l’homme pourra bénéficier de soins palliatifs qui ne porteront pas atteinte à sa dignité. La juridiction précise que cette décision « ne remet pas en cause la mise en œuvre éventuelle » de la loi Leonetti de 2005 relative à l’arrêt des traitements visant à un maintien artificiel de la vie. « Si la situation devait évoluer défavorablement, toutes les options resteraient ouvertes, même un arrêt des soins », précisent d’ailleurs les médecins.

Des proches du patient soutiennent la position de l’équipe médicale mais d’autres redoutent que « la gravité des lésions cérébrales [puisse] engendrer un handicap probablement inacceptable pour le malade », indique le tribunal. La première à s’opposer est son épouse, qui déclare que son mari lui avait fait part de sa volonté « de ne pas se trouver confronté un jour à un état grabataire ». Elle craint un « risque de maintien artificiel en vie irréversible » qui conduirait son mari vers « un état de conscience minimale sans dignité ».

Sur le même thème :

Lire aussi : Une femme maintenue en vie contre la volonté de sa famille

Lire aussi : Coma – une nouvelle technique pour évaluer le niveau de conscience

Damien Rigat