Comment les pigeons voyageurs trouvent-ils leur chemin ?

L'hypothèse selon laquelle la boussole interne des pigeons voyageurs se trouverait dans leur bec ne tient pas la route, assurent des chercheurs autrichiens.

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Le mystère des pigeons voyageurs non élucidé ! ©ThinkStock

Le sixième sens des pigeons voyageurs qui leur permet de retrouver leur chemin reste un mystère pour les scientifiques. Plusieurs études ont laissé penser que la boussole interne du volatile se situait au niveau de son bec. Une théorie aujourd’hui remise en cause par une équipe de chercheurs autrichiens, dans la revue Nature publiée mercredi. « Il y a de plus en plus de preuves pour dire que le pigeon a un véritable système de navigation dans la tête, comme un GPS : il est capable d’enregistrer des valeurs de champ magnétique, mais également des repères visuels et des indices olfactifs », a expliqué à l’AFP Hervé Cadiou, chercheur au CNRS de Strasbourg, ayant participé à l’étude.

Pas de récepteur magnétique dans le bec

Jusqu’alors, les recherches avaient suggéré que les pigeons se repéraient dans le champ magnétique terrestre grâce à des cellules nerveuses situées dans la peau recouvrant la partie supérieure de leur bec. Ces cellules, qui contiennent des cristaux de magnétite, un oxyde de fer, les rendraient sensibles au magnétisme. Cette hypothèse est aujourd’hui balayée par David Keays, chercheur à l’Institut de pathologie moléculaire de Vienne, en Autriche, et ses collègues.

Ces scientifiques ont prouvé que les cellules riches en fer du bec des pigeons sont en fait des macrophages (ou cellules du système immunitaire) et non des neurones (ou cellules nerveuses). De plus, le nombre et la distribution de ces cellules varient d’un volatile à l’autre, ce qui rend peu crédible leur rôle dans leur sensibilité magnétique.

Autre piste

L’équipe autrichienne ne parvient pas à établir d’hypothèse valable pour élucider le mystère des pigeons voyageurs. Ils avancent que leur sens incroyable de l’orientation proviendrait de cellules situées non pas dans le bec, mais dans une muqueuse de la paroi du nez, comme chez la truite arc-en-ciel.

Julie Toury