Contrôler le dosage de ses médicaments… chez soi !

Des chercheurs ont mis au point un nouveau dispositif pour permettre aux patients de contrôler eux-mêmes le dosage de leurs médicaments. Le principe : des molécules changent de couleur en fonction de la concentration du produit dans le sang.

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Le système a été testé avec succès avec six médicaments commercialisés. ©ShutterStock

Il s’agit d’une petite révolution. Des scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse) ont conçu une méthode pour surveiller son dosage sanguin en médicaments de chez soi. Présentée le 8 juin dans la revue Nature Chemical Biology, elle repose sur des nouvelles molécules bioluminescentes, qui changent de couleur selon le niveau de concentration du produit dans le sang. Grâce à ce procédé, les patients pourraient contrôler le dosage eux-mêmes, sans l’aide d’un professionnel.

Une couleur pour évaluer la concentration du médicament dans le sang

La surveillance du dosage sanguin des médicaments est essentielle dans certains cas, notamment pour les personnes souffrant de cancer. Le traitement doit, en effet, à la fois être efficace et entraîner le moins d’effets secondaires possibles. Ce contrôle est coûteux car chaque patient doit bénéficier d’un suivi particulier. Il faut mobiliser du personnel et les équipements actuellement utilisés sont relativement chers.

Avec la méthode déployée par l’équipe de Lausanne, aucun appareil de laboratoire n’est nécessaire. Les molécules utilisées, nommées LUCIDs, dispose d’une enzyme capable de produire de la lumière. Lorsqu’elles entrent en contact avec une goutte du sang posée sur un papier filtre, elles analysent son contenu par le biais d’une caméra digitale. La couleur émise passe progressivement du rouge au bleu à mesure que la concentration du médicament augmente.

Les chercheurs doivent encore améliorer le dispositif

Le procédé a été testé avec six médicaments disponibles sur le marché : trois immunosuppresseurs (prescrits après une greffe), un anticancéreux, un anti-épileptique et un antiarythmique. À chaque fois, le système a fonctionné correctement. Si les concepteurs sont sur la bonne voie, ils expliquent qu’ils doivent encore travailler sur le projet avant de proposer une mise sur le marché. Ils pensent notamment développer un détecteur portatif simple d’utilisation. Les patients pourraient ainsi « prélever une goutte de [leur] sang et lire immédiatement la concentration du médicament, exactement comme les diabétiques le font aujourd’hui pour le taux de sucre », explique dans un communiqué (AFP) Rudolf Griss, l’un des concepteurs.

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Damien Rigat