COP21 : l’accord sur le climat validé

Après deux semaines de négociations intenses, les 195 pays ont adopté l’accord de Paris, un accord universel et historique contre le réchauffement climatique.

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COP21 : accord sur le climat validé ©Francois Mori/AP/SIPA

Le monde retenait son souffle, désormais il peut respirer. « Je regarde la salle, je vois que la réaction est positive, je n’entends pas d’objection, l’accord de Paris pour le climat est adopté ! », a annoncé avec joie le président de la COP21, Laurent Fabius en frappant sur son pupitre le petit marteau vert à l’effigie de l’événement. Cette annonce a ensuite suscité une longue standing ovation de la part de toute la salle. Les représentants de 195 pays ont adopté à l’unanimité un accord pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le suspens était à son comble tout au long de cette journée du samedi 12 décembre. Dans la matinée, le ministre des Affaires Étrangères, Laurent Fabius, a présenté, aux côtés du président de la République, François Hollande, et du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, le projet de l’accord final. Un accord « ambitieux et équilibré, différencié, juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant », a-t-il dit. Ainsi, après de longues heures, le verdict a été rendu à 19h26 précisément.

Que prévoit l’accord ?

L’objectif de l’accord est de maintenir le réchauffement climatique « bien en dessous de 2°C » en 2100, comparé à l’ère pré-industrielle, et de « poursuivre les efforts pour limiter la hausse de la température à 1,5°C ». Un objectif plus ambitieux que les 2°C visés jusqu’à présent, et demandé par beaucoup de pays présents de cette COP, et notamment de petites îles qui sont menacées par la montée du niveau de la mer. 

Cet accord entrera en vigueur en 2020. Il doit permettre de réorienter l’économie mondiale vers un modèle à bas carbone. Cela implique en effet un abandon progressif des énergies fossiles tel que le charbon, le pétrole ou encore le gaz, pour des énergies renouvelables. Ainsi, pour y parvenir, les pays les plus riches devront mettre la main au portefeuille pour aider les pays les plus vulnérables dans leur transition carbone, soit une enveloppe de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. Toutefois, le texte fait de ces 100 milliards de dollars « un plancher pour l’après 2020 » qui pourra être réévalué au plus tard en 2025.

Le texte prévoit que les contributions des États en matière de réduction de gaz à effet de serre (GES) soient réévaluées à la hausse tous les cinq ans. Un premier bilan global se tiendra en 2023, puis sera effectué tous les cinq ans à compter de cette date. L’accord invite les parties à déposer leur plan national de réduction des GES le plus rapidement possible, ce qui a déjà été effectué par 187 pays sur 195.

« Aujourd’hui, le monde écrit une nouvelle page de son histoire : nous entrons dès aujourd’hui dans l’ère du bas-carbone », a salué François Hollande peu après l’annonce de cet accord. 

Tout n’est pas gagné. L’accord est validé, il faut désormais passer aux actes. 

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Justine Dupuy