Corée du Nord : échec du lancement de leur fusée

Ce matin, à 7h40 heure locale, la Corée du Nord a lancé sa fusée Unha-3 en dépit du désaccord international. Un échec, puisque la fusée se serait désintégrée environ une minute après son décollage. L’ONU devrait réunir son conseil de sécurité dans la journée.

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Corée du Nord : Kim Jong-Un a été nommé à la tête de Commission de Défense du pays aujourd'hui

Aujourd’hui, les nord-Coréens ont lancé leur fusée Unha-3, vers 7h40 du matin, heure locale. Un vendredi 13 qui n’aura apparemment pas porté chance à la République Populaire Démocratique de Corée (RPDC), puisque l’engin s’est désintégré en plein vol, les débris retombant à quelques centaines de kilomètres de Séoul, en mer Jaune.

Une provocation de la Corée du Nord

Ce lancement était fortement critiqué par la communauté internationale qui y voit une provocation supplémentaire de la part de Pyongyang dans le bras de fer engagé contre le développement de ses programmes nucléaires et l’utilisation des technologies de missiles. La Corée du Nord affirmait qu’à l’intérieur de la fusée ne se trouvait qu’un satellite d’observation terrestre destiné à des fins uniquement pacifiques. Qu’une partie de la fusée utilise les mêmes technologies que celles employées pour l’envoi de missiles ne fait pourtant aucun doute côté américain : il s’agissait ici d’un tir d’essai à finalité bien différente de l’envoi simple d’un satellite, l’essai d’un missile balistique intercontinental.

L’opération a donc échoué, une minute seulement après son décollage, selon les Etats-Unis et ses alliés, information confirmée quelques heures plus tard seulement par la Korean Central News Agency (KCNA). Un nouveau bide pour les scientifiques et experts nord-coréens qui essuient en effet le troisième échec de mise en orbite d’un satellite en un peu moins de quinze ans, les deux premiers ayant eu lieu en 1998 et 2009.

La réprobation de la communauté internationale

Entre la Corée du Nord et le reste du monde, la communication a souvent du mal a passé et se ponctuent d’avertissements et de provocations de part et d’autres. En février dernier, Washington est ainsi parvenu à conclure un accord avec la RPDC qui prévoit une aide alimentaire pour la population affamée du pays, contre un moratoire sur l’enrichissement d’uranium et les essais de missile. Mais la Corée a davantage l’ambition de posséder elle aussi le moyen de pression nucléaire. Aussi, sitôt l’accord conclut, la RPDC annonçait sans rire avoir prévu le lancement de sa fusée « pacifiste ».

Ce matin, ce nouveau pied de nez a fait réagir la communauté internationale dans son ensemble et l’ONU a prévu sans tarder réunir ce jour un conseil de sécurité pour décider des prochaines étapes.

En attendant, Kim Jong-Un, fraichement au pouvoir depuis la mort de son père Kim Jong-Il en décembre dernier, est actuellement en pleine célébration du centenaire de la naissance de Kim II-Sun, fondateur de la République Démocratique de Corée. Certains craignent que le dirigeant, qui a été nommé ce matin à la tête de la puissante Commission de Défense du pays, ne veuille maintenant effacer l’affront du fiasco de l’envoi de sa fusée par une intensification de son programme de recherche nucléaire.

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Eleonore Verdy