Coupe du monde 2014 : à Rio les supporters nageront dans le caca

A Rio, seules 40 % des eaux usagées sont traitées. Le reste est déversé dans les rivières, les lagons et les plages de la baie. Une mauvaise nouvelle pour les supporters de football qui comptaient se baigner entre deux matchs.

0
1637
A Rio, seules 40 % des eaux usagées sont traitées. ©ShutterStock

La Coupe du monde de football 2014 ne se passera sans doute pas sans embuches. Alors qu’une brochure de la police de São Paulo recommande déjà aux touristes de ne pas crier en cas de vol, au risque de se faire tuer, Rachel Glickhouse, journaliste au Global Post, nous révèle une information des plus insolites. Après avoir survolé la ville de Rio de Janeiro en hélicoptère en compagnie d’un biologiste, elle s’est rendu compte que seules 40 % des eaux usées de la ville étaient traitées. Problème ? Le reste finit dans les rivières, les lagons et les plages de la baie. Les touristes, ainsi que les locaux, se baigneront donc au milieu des excréments !

200 millions de Brésiliens n’ont pas accès à des installations sanitaires

« Le gouvernement a prévu de nettoyer la baie pour les Jeux olympiques de 2016 à cause des épreuves d’eau. Mais les Cariocas, comme sont appelés les résidents de Rio, connaissent les mêmes problèmes depuis des décennies », rapporte la journaliste. Et contrairement aux idées reçues, les zones les plus pauvres de la ville ne seront pas les seules concernées. Rio, qui a vu sa population passer de 2 à 12 millions d’habitants en à peine cinquante ans, peine à installer des infrastructures de traitement d’eau et de déchets dignes de ce nom. Car en plus des fèces humaines, de 80 à 100 tonnes d’ordures finissent chaque jour dans la baie de Guanabara.

Selon les dernières mesures de l’Institut national de l’environnement, douze endroits le long des plages de Zona Sul (zones les plus riches et les plus touristiques de la ville) ne sont pas assez propres pour s’y baigner. Plus grave : environ la moitié de la population brésilienne (200 millions de personnes) n’a pas accès à des installations sanitaires.

Mathilde Bourge