Crèmes solaires : y a-t-il arnaque sur les indices ?

Une chercheuse affirme qu’une crème solaire sur quatre a un indice de protection inférieur à celui affiché sur l’emballage. L’ANSM s’est penchée sur le sujet.

0
2269
Les crèmes solaires sont-elles si efficaces qu'on nous le dit ? ©ThinkStock

C’est LE produit à ne pas oublier dans sa valise quand on part à la mer ou à la montagne. Indispensable pour ne pas attraper de coups de soleil, la crème solaire fait aujourd’hui l’objet de suspicions. Une chercheuse affirme qu’une lotion sur quatre possède un indice de protection inférieur à celui affiché sur l’emballage. Son étude, révélée ce mardi par le journal Libération, remet en cause la méthode utilisée par les laboratoires pour tester l’efficacité de ces crèmes.

Crèmes solaires : les tests in vitro, plus fiables que les tests in vivo ?

Laurence Coiffard, chercheuse nantaise, spécialiste des cosmétiques, reproche aux industriels de réaliser uniquement des tests in vivo, autrement dit directement sur l’homme. Leur méthode consiste à évaluer en combien de temps la peau rougit, avec ou sans crème solaire. A partir de là, ils déterminent l’indice de protection.

La scientifique procède, elle, à des tests in vitro. Avec cette méthode, le produit est appliqué sur une surface translucide. On observe ensuite la quantité d’UV qui parvient à passer au travers. « Selon ses partisans, le test en labo est plus objectif car il mesure exactement la quantité de rayon UV filtrés par la crème », note Libé. Les fabricants se défendent en expliquant que lors de ces tests in vitro, on n’applique pas autant de crème que ce qu’ils préconisent sur la plaque translucide.

Le Pr Coiffard pointe du doigt une autre pratique des fabricants : l’ajout d’anti-inflammatoires dans la composition des crèmes solaires. Cet ingrédient permet, en effet, de retarder l’apparition des coups de soleil, mais ne protège pas contre le risque de cancer de la peau. Ce qui fausse un peu plus les tests in vivo…

Crèmes solaires : l’ANSM saisie du sujet

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a elle aussi, de son côté, réalisé des tests. Si ses résultats se rapprochent de celle du Pr Coiffard, elle estime que ces tests in vitro ne sont pas encore assez fiables. « Pour interdire un produit, on ne peut pas se baser uniquement sur les tests in vitro, qui ne sont pas normalisés et donc non opposables aux industriels », explique Laurent Lempereur, responsable des contrôles à l’ANSM, cité par Libération.

Thomas Levy