Dadbod : le ventre à bière revendiqué

Tendance, mode, régime, etc. À l’approche de l’été les hommes aussi ont leur diète revendiquée : le « Dadbod ». L’homme moderne se doit de porter le « ventre à bière ».

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Le phénomène Dadbod peut être salué dans le sens où il rappelle le « #NoThighgap » ©Capture d'écran

À l’approche de l’été, les magazines féminins affublent leurs Unes des sempiternelles sujets : l’épreuve du maillot de bain, les derniers régimes en vogue ou encore conseils de musculations abdo-fessiers. Dans cette « Ode au corps parfait », les hommes ne sont pas en reste, soumis aux mêmes lois de la société. Mais une étude réalisée par Mackenzie Pearson, étudiante de l’Université de Caroline du Sud, aux États-Unis vient changer la donne.

L’homme parfait a du ventre

Selon la jeune femme, les hommes type « éphèbe » sont trop contraignants, la gent féminine leur préférerait : les « Dadbod », contraction de « Dady Body ». Il s’agit en fait d’un « équilibre entre avoir un peu de ventre et un peu de muscle ». Un corps de « papa », un juste milieu entre la salle de gym et les soirées apéro entre amis, entre le sportif et le bon vivant. Pour Mackenzie Pearson, plusieurs raisons expliquent que le « Dadbod » soit considéré comme l’homme parfait : il n’y aurait rien de pire [pour les femmes] que de se faire prendre en photos avec un mec « bien foutu ». Les muscles ne sont pas pratiques pour les câlins (c’est dur et ça fait mal) et enfin, personne n’a envie qu’un homme réfrène ses fringales nocturnes.

Quelques jours seulement après la publication de son article, le phénomène Dadbod prend une ampleur considérable aux États-Unis où le hashtag accompagné de photos pullulent sur les réseaux sociaux. On entend même dire que les hommes, les vrais, s’assument et ne sont plus complexés par leur corps, fiers ils le prouvent, image à l’appui.

Encore un phénomène sexiste ?

Si les raisons invoquées par Mackenzie Pearson sont discutables et laissent pour certaines à désirer, le phénomène Dadbod peut être salué dans le sens où il rappelle le « #NoThighgap », ces femmes qui assumaient, il y a quelques temps ne pas avoir « cet interstice » entre les cuisses et le revendiquaient, version homme.

Pour autant, une autre question se pose avec le sujet Dadbod. La question du sexisme et du double standard. Les femmes auront-elles droit à un Mombod ? Auront-elles le droit de ne plus culpabiliser ? Quand Monsieur a le droit aux plaisirs, pourquoi Madame doit toujours se contraindre ? Faire des régimes, compter les jours avant l’été ? La réponse semble déjà être donnée. Le hashtag #MomBod a été lancé, mais sans succès.

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Laurie Ferrère