Décès de Jacques Servier, fondateur des laboratoires Servier

L’homme comparaissait l’année dernière devant la justice dans l’affaire du Mediator. Aujourd’hui Jacques Servier, fondateur et président des laboratoires pharmaceutiques Servier est décédé à l’âge de 92 ans.

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Le Mediator est à l'origine de graves lésions des valves cardiaques et pourrait être responsable à long terme de 2 100 décès ©ThinkStock

La nouvelle est tombée mercredi 16 avril au soir. Le deuxième groupe pharmaceutique français fait savoir dans un communiqué, la mort du président-fondateur des laboratoires Servier, Jacques Servier, décédé à l’âge de 92 ans à son domicile de Neuilly, dans les Hauts-de-Seine. « Un décès lié à la vieillesse et non à une maladie particulière » précise une source proche du groupe.

Irène Frachon : « La justice ne s’arrête pas »

Si l’homme, médecin de formation, parti de rien, avait réussi à bâtir une société pharmaceutique multinationale présente dans plus de 140 pays, son nom est surtout connu pour l’affaire du « Mediator ». Un scandale impulsé par la pneumologue Irène Frachon qui constate en 2009 des cas d’atteintes cardiaques chez des patients qui sont ou ont été traités par le benfluorex (principe actif du Mediator). Jacques Servier est alors mis en examen en 2011, accusé d’avoir dissimulé aux autorités sanitaires françaises la dangerosité de ce médicament.

Le décès de Jacques Servier intervient à un an d’un procès attendu visant tous les acteurs du scandale. Pour Irène Frachon, auteur de Mediator 150 mg : Combien de morts ? (éditions-dialogues.fr), « la justice ne s’arrête pas » avec le décès de Jacques Servier. « Si la personne a disparu, le nom de Jacques Servier et de ses collaborateurs auront à répondre des crimes devant la justice ». Irène Frachon pense avant tout aux victimes, avant de penser à l’homme, qu’elle qualifie de « manipulateur » et d’« escroc ».

Jacques Servier : un homme honoré

Utilisé par cinq millions de personnes en France, et souvent prescrit pour maigrir, le Mediator est à l’origine de graves lésions des valves cardiaques et pourrait être responsable à long terme de 2 100 décès, selon une expertise effectuée dans le cadre d’une enquête judiciaire.

Mais Jacques Servier a également marqué d’autres esprits « il a marqué la branche pharma de manière durable, même si la fin est celle que l’on connait. Pour nous, ça restera monsieur Servier, un chef d’entreprise inventif, généreux et proche de ses salariés » explique un salarié de l’usine de Gidy, lieu de fabrication du Mediatior. En 2009, Jacques Servier avait également été décoré de la grande-croix de la Légion d’honneur, le grade le plus élevé, par le président de l’époque, Nicolas Sarkozy.

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Laurie Ferrère