Dépakine : un nouveau scandale sanitaire ?

Jusqu’en 2005, la Dépakine, un anti-épileptique a été prescrit à des femmes enceintes sans restriction, alors que de nombreux risques liés à ce médicament étaient déjà connus. Marisol Touraine, ministre la Santé a ouvert une enquête sur le sujet.

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Ce dernier doit prendre ses responsabilités et faire des propositions concrètes sur la prise en charge des enfants malades ©ShutterStock

Après le Médiator, la Dépakine ? En tout cas, pour le député PS Gérard Bapt, cela ne fait pas de doute, on parle bien d’un nouveau « drame sanitaire ». Mais de quoi s’agit-il ? De la Dépakine (Valproate et ses dérivés), un anti-épileptique, qui a été prescrit à des femmes enceintes jusqu’en 2005, alors que les risques liés à ce médicament étaient déjà connus. Ainsi, la Dépakine est soupçonné d’être à l’origine d’au moins 370 malformations à la naissance en France. Plusieurs plaintes ont été déposées pour « non-signalement d’effets indésirables ».

Dépakine : malformation, retard, austime

La ministre de la Santé, Marisol Touraine s’est saisie du dossier et a demandé l’ouverture d’une enquête par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (Igas). « Le rapport sera remis à la fin du mois de septembre. À partir de là, nous verrons comment renforcer les mécanismes d’informations ou réfléchir aux recommandations de prescription de ce médicament », précise la ministre.

Pour Gérard Bapt, cette nouvelle affaire « révèle les dysfonctionnements majeurs » des organismes de surveillance des médicaments. En mai dernier, l’Agence du médicament (ANSM) rappelait « que le Valproate est un principe actif aux effets tératogènes connus qui expose à un risque élevé de malformations congénitales ». Cette molécule, autorisée depuis les années 1960, exposerait également dans 30 à 40 %, les enfants à de lourds retards d’acquisition de la marche et/ou du langage. Et augmenterait par cinq le risque d’autisme.

Deux enquêtes ouvertes ?

Pour Maître Charles Joseph-Oudin, l’avocat des familles, « il y a eu des dysfonctionnements majeurs concernant les informations données aux consommatrices de Dépakine ». Et de pointer du doigt le laboratoire Sanofi, resté silencieux sur l’affaire. « Ce dernier doit prendre ses responsabilités et faire des propositions concrètes sur la prise en charge des enfants malades », s’exprime l’homme de loi.

En parallèle de l’enquête menée par l’Igas, Marisol Touraine aurait également demandé à l’ANSM et à l’Assurance Maladie de recenser les enfants exposés in utero au valproate et atteints de malformations ou souffrant de troubles neuro-comportementaux.

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Laurie Ferrère