Dépassement d’honoraires : rien ne va plus

Gare à vos portefeuilles ! Se rendre chez le médecin peut vous revenir très cher selon la région où vous habitez.

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Dépassement d’honoraires : rien ne va plus ©ThinkStock

Quels Français déboursent le plus pour se soigner ? Le Monde a enquêté sur les tarifs des consultations médicales dans différentes régions. Sans surprise, c’est à Paris que les médecins appliquent les dépassements d’honoraires les plus élevés. Seuls 55 % d’entre eux y travaillent au plafond de la Sécurité sociale. D’autres, peu scrupuleux, vont jusqu’à pratiquer des tarifs cinq fois supérieurs à ce plafond. A l’autre bout du classement, Toulouse fait figure de bon élève avec son score de 90,5 %.

La pratique des honoraires libres s’est généralisée. Et la seule règle qui régisse la matière est celle du code de déontologie qui prévoit, pour les dépassements, que ces tarifs soient appliqués avec « tact et mesure ». De plus, aujourd’hui, la logique de concurrence joue au désavantage des patients. Les médecins ont tendance à aligner leurs tarifs sur ceux des autres cabinets, du coup les prix sont tirés vers le haut.

Un phénomène inquiétant

« Vu la moyenne d’âge de la profession, il y a de quoi s’inquiéter puisque les nouveaux médecins préfèrent le secteur 2 », estime Magali Leo, chargée de mission au Collectif interassociatif sur la santé. Pour info, les médecins du secteur 1 se voient contraints d’appliquer le tarif de la Sécurité sociale, tandis que ceux du secteur 2 pratiquent des honoraires libres.

Ce phénomène a pour conséquence que les plus riches sont servis les premiers. En privé, là où les dépassements sont les plus fréquents et les plus importants, on obtient un rendez-vous plus vite. Mais pour la pose d’une prothèse de hanche, sur une base de remboursement de la Sécurité sociale de 459,80 euros, le tarif peut grimper jusqu’à 4 250 euros.

Pour remédier à ces disparités de tarification selon les régions et pour diminuer leurs effets sur les patients, la Caisse d’assurance maladie avait proposé de mettre en place des bases de remboursement plus élevés pour Paris. Mais cette idée a rapidement été abandonnée. Et on comprend bien vite pourquoi. Il aurait fallu mettre en place des conditions pour déterminer les zones qui en auraient bénéficié. Et puis, c’était surtout un risque pour les zones non bénéficiaires de devenir moins attrayantes pour les médecins !

Maëla Priolet