Dépister la trisomie grâce à un test sanguin

Le comité national d'éthique estime que le test sanguin serait moins dangereux que l'amniocentèse pour détecter les risques de trisomie d'un foetus.

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Un test sanguin pour dépister les risques de trisomie 21 chez le foetus ©ThinkStock

Feu vert pour un nouveau test de dépistage de la trisomie 21. Le comité national d’éthique (CCNE) s’est déclaré favorable à l’introduction progressive de nouveaux tests génétiques fœtaux, pour dépister une éventuelle anomalie dans le sang maternel. Ces analyses permettraient de réduire les examens tels que l’amniocentèse, un test qui peut se révéler dangereux pour le fœtus.

Le dépistage actuellement proposé aux femmes enceintes – accepté dans 85 % des cas- consiste en une échographie et un dosage de deux marqueurs sanguins, effectués au cours des trois premiers mois de grossesse. Grâce à cela, et en fonction de l’âge de la mère, un logiciel évalue le taux de risque d’anomalie chromosomique. Si le risque est supérieur à 1/250, le médecin propose alors de faire une biopsie du futur placenta, qui peut entraîner une fausse couche dans 0,3 % à 1 % des cas. Un pourcentage qui peut paraître faible mais qui représente plusieurs centaines de décès fœtaux par an en France.

Des risques d’eugénisme ?

Ces nouveaux tests sanguins, plus performants, pourraient être proposés aux femmes dont les premières analyses sont mauvaises, avant de passer, si nécessaire, aux prélèvements invasifs. Les membres du CCNE plaident donc pour une « prise en charge par la solidarité nationale, à supposer que le coût en soit devenu acceptable ». Mais, « dans un avenir proche, il sera techniquement plus simple, et peut-être moins onéreux, d’effectuer un séquençage entier du génome fœtal que de sélectionner des régions d’intérêt et d’en réaliser un séquençage ciblé comme c’est aujourd’hui le cas », prévoit l’avis.

Ce type de test, qui permet de dépister, les trisomies 21, 13 et 18, peut également identifier d’autres maladies telles que la mucoviscidose, les myopathies, le diabète etc. S’ils sont de plus en plus commercialisés en Europe et aux Etats-Unis et que le CCNE estime qu’ils représentent « un progrès du point de vue éthique », certaines organisations, comme la Fondation Jérôme Lejeune, dénoncent des risques d’eugénisme.

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Mathilde Bourge