Des cafards mutants évitent les pièges tendus par les hommes

Selon une étude américaine, les cafards ont subi une mutation génétique garantissant leur survie. Contrairement à certaines espèces animales, ils n’ont pas développé une résistance physique aux insecticides, mais une simple aversion pour le glucose, utilisé pour les empoisonner.

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Pour survivre, les cafards ont transmis génétiquement une aversion au glucose, utilisé dans les appâts empoisonnés. ©ThinkStock

Pourquoi les cafards semblent-ils indestructibles ? Poisons ou pièges, rien n’y fait. D’après une équipe de scientifiques américains, cela ne vient pas d’une résistance aux insecticides mais d’une mutation génétique qui leur aurait transmis une aversion pour le glucose.

Depuis le milieu des années 80, le sucre était utilisé pour enrober les appâts empoisonnés destinés aux blattes. Mais au bout de huit ans, ce piège ne semblait plus fonctionner. Les populations de cafards se multipliaient rapidement sans que l’on comprenne pourquoi.

Des cafards mutants dégoûtés du sucre

Des spécialistes d’entomologie de l’Université de Caroline du Nord se sont penchés sur la question et ont fait une découverte surprenante. Selon l’étude qu’ils ont publiée jeudi dernier dans la revue Science, les cafards n’aiment plus le glucose et refusent donc de manger les appâts traditionnels utilisés pour les éradiquer.

Pour arriver à ces conclusions, les scientifiques ont réalisé des tests sur la langue et les deux paraglosses (un appendice de la bouche des insectes) de plusieurs spécimens. Ils ont constaté des réactions électrophysiologiques montrant que le glucose stimulait leurs capteurs nerveux de l’amertume alors qu’on les savait friands de sucre autrefois.

Transmettre une aversion au glucose pour la survie de l’espèce

Il s’avère que ce dégoût pour le glucose est une protection que les cafards ont développé et se sont transmise de génération en génération. Cela a donc une cause génétique héréditaire. « Il s’agit d’une réponse génétique très rapide face aux très fortes pressions de la sélection provoquées par les insecticides. L’évolution dépend également de la durée de vie des générations », précisent les chercheurs.

Mais cette mutation n’est pas qu’un avantage pour l’espèce. « Les cafards doivent s’adapter à un environnement où l’accès à des sources d’alimentation est variable et incertain. L’aversion au glucose constitue une restriction alimentaire de plus pour pouvoir bien se nourrir », explique à l’AFP Coby Schal, professeur d’entomologie et co-auteur de l’étude. Les phobiques peuvent donc garder espoir.

> Lire aussi : Après les ordures, Naples est envahi par les cafards – Vidéo

 

VIDEO – Reportage de la BBC sur les cafards et le sucre (en anglais)

 

Charlotte Loisy