Des cas de bilharziose en Corse-du-Sud

Plusieurs personnes auraient contracté la bilharziose le mois dernier après des baignades dans une rivière de Corse-du-Sud. À l'origine de cette maladie, un ver parasite présent dans certaines eaux douces.

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Non traitée, la bilharziose peut entraîner des complications uro-génitales ou intestinales des années après l'infection. ©ShutterStock

La Direction générale de la santé (DGS) et l’Agence régionale de santé (ARS) de la Corse ont déclaré que plusieurs cas groupés de personnes touchées par la bilharziose ont été recensés dans le département de la Corse-du-Sud au cours du mois d’avril. Les individus auraient développé la maladie après s’être baignés dans une rivière de la région, le Cavu, et n’auraient pas séjourné dans une zone d’endémie (AFP). La bilharziose, appelée aussi schistosomiase, est provoquée par un ver parasite que l’on retrouve en eau douce, en particulier dans les zones tropicales et subtropicales.

La bilharziose, une maladie qui passe inaperçue

La bilharziose se traite facilement mais dans la plupart des cas, les individus concernés ignorent qu’ils sont touchés au départ. Non traitée, elle peut entraîner des complications uro-génitales ou intestinales des années après l’infection. Cela peut provoquer des lésions de la vessie, des reins, du foie, des intestins et des vaisseaux sanguins. Dans les cas les plus graves, la maladie peut être mortelle.

La DGS a saisi les autorités sanitaires afin d’« évaluer les risques et la conduite à tenir ». Selon la situation, « un plan d’actions sera élaboré (…) avant le début de la période à risque et de la saison de baignade. Il précisera notamment les modalités de dépistage, de diagnostic, de prévention et d’information à mettre en œuvre », précise l’ARS de la Corse.

Bilharziose : « Il faut traiter un maximum de personnes avant la période estivale »

C’est le professeur Antoine Berry, chef du service de parasitologie-mycologie au CHU de Toulouse, qui a donné l’alerte fin avril après avoir détecté huit cas dans la région toulousaine. Les individus en question avaient tous fréquenté un camping proche de la rivière du Cavu depuis l’été 2011. Il a indiqué à l’AFP que cinq autres cas de bilharziose avaient été signalés en Allemagne. Les malades avaient séjourné dans le même secteur que les autres patients en 2013.

Le Pr Berry assure que les contaminations survenant sur le territoire français (en dehors des DOM-TOM) sont rares. Les cas traités dans les hôpitaux français concernent essentiellement des personnes ayant séjourné dans les zones endémiques. « Si des personnes atteintes de la bilharziose sans le savoir se baignent et urinent dans une eau douce contenant des bulins (mollusques permettant au ver de la bilharziose d’être ensemencé), elles peuvent propager la maladie », note le spécialiste. Voilà pourquoi il est nécessaire, selon lui, de « traiter un maximum de personnes avant la période estivale ».

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Damien Rigat