Des chercheurs japonais créent un foie humain « fonctionnel » à partir de cellules souches

Des chercheurs japonais ont recréé un foie humain à partir de cellules souches. Si des essais cliniques sur l'homme ne s'opéreront pas avant une dizaine d'années, l'expérience est une avancée considérable vers une alternative aux dons d'organes.

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Des chercheurs japonais ont recréé un foie humain à partir de cellules souches ©ThinkStock

C’est un espoir pour une alternative aux dons d’organes. Selon une étude publiée dans la revue Nature, des chercheurs japonais ont recréé un foie humain « fonctionnel » à partir de cellules souches pluripotentes induites (iPS). L’expérience réalisée sur une souris s’est révélée concluante, mais il est encore trop tôt pour affirmer que cette technique fonctionnerait sur l’être humain. Cependant, le Pr Takanori Takebe, principal auteur de l’étude, est très optimiste : « Nous avons en quelque sorte montré la validité de notre approche de principe », a-t-il déclaré en conférence de presse, avant de préciser que les essais cliniques sur l’homme n’auraient sûrement pas lieu avant une dizaine d’années.

Foie humain « fonctionnel » : comment les chercheurs s’y sont-ils pris ?

Comme le relate l’étude, les chercheurs ont tout d’abord créé l’ébauche d’un foie à partir de cellules souches iPS, soit des cellules adultes programmées pour rajeunir et retrouver les propriétés des cellules souches embryonnaires. L’ébauche de foie a ensuite été implantée dans une souris, qui souffrait d’une défaillance hépatique provoquée. Finalement, le foie s’est peu à peu transformé en un véritable organe vascularisé, possédant les propriétés d’un foie humain, capable de reproduire des protéines telles que l’albumine. Résultat : la souris a vu son état de santé s’améliorer nettement.

Les travaux du Pr Takebe ont été chaudement salués par la profession. « La stratégie est très prometteuse et présente un grand pas en avant », compliment le Dr Duszko, spécialiste des cellules souches au King College de Londres. De son côté, Chris Mason, spécialiste de médecine régénérative à l’UCL Medical School félicite l’intérêt d’une telle expérience pour détecter la toxicité ou les effets indésirables des nouveaux médicaments.

Mathilde Bourge