Des scientifiques en guerre contre Carrefour

Carrefour annonçait le 24 septembre dernier la mise en place de son propre système d’étiquetage nutritionnel. Mais ce lundi 13 octobre, la communauté scientifique s’insurge contre ce qu’elle qualifie « d’opération marketing ».

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Carrefour a-t-elle voulu aller trop vite ? L’enseigne de grande distribution annonçait le 24 septembre dernier la mise en place de son propre système d’étiquetage nutritionnel. Un étiquetage qui pose problème puisque Carrefour fixerait selon sa propre volonté « les seuils, la forme de son logo, et attribuerait elle-même les notes à ses produits ».

Carrefour fait une opération marketing

Pour la communauté scientifique ceci est inacceptable, et elle le fait savoir via une tribune publiée dans le Journal International de Médecine. Pour les signataires, Carrefour aurait dû attendre et se conformer à un système unique officiel, validé par les pouvoir publics. En effet ; le vote pour un « étiquetage simplifié unique » – mesure phare du projet de la loi de santé – doit être présenté en conseil des ministres mercredi 15 octobre.

La Société française de santé publique, trente-trois sociétés savantes et associations, ainsi que 24 000 autres signataires plaident en faveur d’un retrait des étiquettes Carrefour, refusant que l’information nutritionnelle soit « réduite à une opération marketing ». Il faut que les pouvoirs publics publient « dès maintenant le format de cet étiquetage correspondant au système de 5 couleurs s’appuyant sur les seuils fixés par l’Agence nationale de sécurité sanitaire ».

Les industriels doivent investir pour améliorer leur produit

Alors que ce code couleur préconisé par l’ANSES propose un pictogramme allant du vert au rouge sous forme de pyramide inversée, à l’instar de ce qui se fait pour les produits d’électroménager, Carrefour elle remplace le rouge par le violet. Et de penser que les conseils nutritionnels ne se résument qu’à accoler à ses produits des conseils de fréquences d’utilisation associée à chaque couleur : « trois fois par jour », « deux fois par jour », « une fois par jour » et « de temps en temps ». Ainsi une pizza au fromage est à consommer « une fois par jour ».

« Ces messages d’accompagnement sont indéfendables sur le plan scientifique » relèvent les pétitionnaires et signataires. L’objectif de cet étiquetage est avant tout de mieux informer le consommateur, mais également pousser les industriels à investir pour améliorer les produits qu’ils proposent, une partie que Carrefour semble vouloir ignorer.

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Laurie Ferrère