Des scientifiques sont parvenus à contrôler un corps humain à distance

Un scientifique de l'Université de Washington est parvenu à contrôler le corps de l'un de ses collègues à distance. Une expérience « excitante et inquiétante ».

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Andrea Stocco, chercheur à l'Université de Washington, a bougé son bras sans le vouloir. Son collègue a pensé le geste, il l'a exécuté. ©DR

En mars dernier, nous évoquions l’expérience incroyable de scientifiques qui étaient parvenus à connecter les cerveaux de deux rats. Seulement quelques mois après, deux chercheurs de Seattle (Etats-Unis) ont prouvé que cela était également possible… entre deux hommes.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, il ne s’agit pas d’un tour de magie. Pour l’expérience, Rajesh Rao, chercheur à l’Université de Washington, et son collègue Andrea Stocco, ont été placés dans deux salles, situées à quelques centaines de mètres l’une de l’autre au sein du campus. Le premier portait un bonnet recouvert d’électrodes, capable d’enregistrer les ondes émises par son cerveau. Le second, lui aussi couvert d’un bonnet, était équipé d’une antenne émettrice d’ondes électromagnétiques.

Jouer aux jeux vidéo avec le cerveau de l’un et le corps de l’autre

Une fois les deux coresponsables de cette étude installés, Rajesh Rao se retrouve face à un jeu vidéo, dont le but est de viser une cible à l’aide d’un canon. Pour envoyer les missiles, il suffit d’appuyer sur la barre espace du clavier d’ordinateur. Seulement voilà, Rajesh n’a pas le droit de bouger. Afin de remporter le jeu, il doit se concentrer et imaginer la geste qu’il ferait au moment de tirer. A ce moment-là, son activité cérébrale est détectée par l’ordinateur, qui transmet les informations à son collègue Andrea Stocco.

Et là, miracle. Au même moment, à l’autre bout du campus, le second chercheur, qui ne voit pas l’écran de son collègue et qui porte des boules Quiès (d’autres chercheurs l’observent et il ne doit pas les entendre), lève son bras pour appuyer sur la barre espace de son propre clavier et atteint la cible visée par Rajesh.

Le contrôle extérieur d’un corps humain, inquiétant ?

« C’était à la fois excitant et inquiétant de voir une action que j’avais imaginée traduite en un geste bien réel, mais par un autre cerveau que le mien », a déclaré Rajesh Rao, enthousiaste. De son côté, Andrea Stocco a comparé son geste à volontaire à la sensation d’un « tic nerveux ».

Prochaine étape pour les deux scientifiques ? Faire en sorte que cette connexion entre les deux cerveaux soit bidirectionnelle. Que chacun puisse contrôler les gestes de l’autre en même temps. Et que les plus sceptiques se rassurent : selon les deux chercheurs, « il n’y a absolument aucune possibilité d’utiliser notre système sur une personne qui ne serait pas consentante ». En tout cas, par pour le moment…

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Mathilde Bourge