D’où vient la grippe espagnole de 1918 ?

Des chercheurs pensent avoir trouvé l'origine de la grippe espagnole qui a sévi à la fin de la Première Guerre mondiale. Il s'agirait d'un ancêtre du H1N1 de 2009.

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La grippe espagnole a fait 165 000 morts en France ©Fotolia

La grippe espagnole, responsable de 25 à 50 millions de morts à la fin de la Première Guerre mondiale, a marqué tous les esprits. Si l’origine exacte de cette pandémie est restée un mystère jusqu’alors, une étude parue lundi dans les Comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) lève le voile sur l’apparition de ce virus.

Selon les travaux de Michael Worobey, professeur de biologie à l’Université d’Arizona, la maladie serait née de la combinaison d’une souche humaine (H1), provenant de la grippe saisonnière H1N8, et de gènes aviaires de type N1. De ce croisement aurait émergé une souche H1N1 (entre 1917 et 1918), variante lointaine de celle qui fit trembler le monde en 2009.

Grippe espagnole : 165 000 morts en France

Pour le Pr Worobey, principal auteur de l’étude, la vulnérabilité inhabituelle des jeunes adultes face à ce virus s’explique par le fait que ces individus, nés entre 1880 et 1890, aurait connu la grippe H3N8 étant enfants. Par conséquent, cette génération n’ayant pas été immunisée contre le virus H1 aurait été plus fragile à l’âge adulte. Les circonstances particulières de l’époque ont, évidemment, favorisé la circulation du virus.

D’après les chercheurs, le virus serait « apparue d’abord au Kansas où elle a contaminé de jeunes soldats américains, qui étaient réunis trois mois dans des camps de formation militaire, à raison de 50 000 à 70 000 individus, avant de traverser le pays et de prendre la mer pour l’Europe ».

Pour le rappel, la grippe espagnole fut baptisée ainsi car l’Espagne, non concernée par le secret militaire, fut le premier pays à la mentionner publiquement. En France, elle fit 165 000 morts. La plupart des victimes mouraient de surinfection bactérienne, qui se déclarait au bout de 4-5 jours et conduisait au décès une dizaine de jours après les premiers symptômes grippaux, en l’absence, à l’époque, d’antibiotiques.

Maxime Quéma