D’où vient le mot Noël ?

Ce jeudi 25 décembre, tous les chrétiens célèbrent l'anniversaire de la naissance du Christ. Mais pourquoi ce jour s'appelle-t-il Noël ? Existe-t-il un lien étymologique avec l'arrivée de Jésus sur Terre ? Pas si sûr.

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Pour certains, le mot « Noël » viendrait du latin « Novella » (« nouvelle ») et voudrait ainsi dire « bonne nouvelle ». - crédit photo : Alena Ozerova ©ShutterStock

Noël… Un mot à la sonorité mélodieuse qui fait rêver les enfants et attendrit les plus grands. Si l’événement a mué au fil des siècles en une fête commerciale, il reste pour beaucoup de chrétiens le moment où l’on se souvient de la naissance de Jésus. Mais pourquoi le mot « Noël » ? D’où vient-t-il précisément ? Plusieurs théories circulent mais aucune ne l’emporte sur les autres. Le mystère perdure.

Le mot Noël, une curiosité française

Premier constat : la France fait partie des exceptions. Dans de nombreux pays européens, le terme pour désigner le 25 décembre fait clairement allusion à la naissance du Christ. Par exemple, on dit « Merry Christmas » (« Joyeuse messe du Christ ») au Royaume-Uni, « Weihnachten » (« La nuit sacrée ») en Allemagne et « Feliz Navidad » (« Joyeuse nativité ») en Espagne. Au sein de l’Hegaxone, le nom « Noël » est moins transparent. Difficile de savoir au premier abord à quoi il fait référence.

Pour certains, il serait issu de l’expression latine « dies natalis ». Littéralement « jour de naissance », elle était autrefois utilisée pour désigner le jour durant lequel était célébrée l’arrivée du Messie sur Terre, un instant aussi appelé « la Nativité ». Progressivement, « natalis » serait devenu « Nael » dans les années 1100 : « Na » provient de « natalis » et « el » signifie « Dieu ».

En 1112, on peut lire « Nael » dans la transcription d’un récit de voyage de Saint Brendan (484-578). Le mot est employé pendant plusieurs années avant d’être remplacé par « Noël », un terme que l’on retrouve écrit pour la première fois en 1175, sous la plume de Chrétien de Troyes (né vers 1135 et décédé entre 1181 et 1191).

De « Nael » à « Noël » ?

Une autre explication implique la Bible. Le mot « Nael » serait en fait la contraction de la phrase « Natus est vobis Emmanuel » (« Il est né pour vous Emmanuel », Luc 2:11). Le « n » renvoie ainsi à « Natus », le « v » à « vobis », le « e » et le « l » à « Emmanuel ». On obtient alors « Nvel », qui se prononce « Nael ». D’autres pensent qu’il s’agirait plutôt d’un diminutif du prénom Emmanuel (Immanouel en hébreu).

Mais pourquoi « Emmanuel » vient-il s’immiscer dans les racines de Noël ? Tout simplement parce que le prénom était parfois substitué à celui de « Jésus » pour nommer le fil de Dieu (« Emmanuel » = « Dieu avec nous »). Cette association nous vient de l’Ancien Testament et de la façon dont certains prophètes évoquent la venue du Messie sur notre planète : « Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Esaïe 7.14).

Noël : et si l’origine du terme était païenne ?

Et si le mot « Noël » n’avait en fait pas grand-chose à voir avec la religion ? Selon certains historiens, le peuple criait « Noël ! » avec enthousiasme lorsque survenait un heureux événement, comme un baptême, ou comme signe de ralliement au roi. C’est pourquoi il existe une seconde théorie : le terme viendrait du latin « Novella » (« nouvelle ») et voudrait ainsi dire « bonne nouvelle ».

Pour d’autres encore, l’origine du mot « Noël » ne serait pas chrétienne mais païenne. Le nom serait la combinaison de deux mots gaulois : « noio » (« nouveau ») et « hel » (« Soleil »), soit « Noioel » (« nouveau Soleil »). L’expression désigne ici non pas la naissance de Jésus (le Christ est parfois assimilé à une lumière éternelle) mais l’étoile de notre système solaire, objet de culte pour les païens. Il pourrait donc avoir un rapport avec la fête du solstice d’hiver, nuit la plus longue de l’année (du 21 au 22 décembre aujourd’hui).

Autre point intéressant, il n’existe aucune trace biblique faisant référence à la célébration de l’anniversaire de la naissance de Jésus ou au mot Noël, sous quelque forme que ce soit. Jusqu’au IVe siècle environ, les chrétiens ne célébraient d’ailleurs à aucun moment de l’année la Nativité. En revanche, les Romains fêtaient depuis très longtemps le culte de Mithra, un dieu perse lié à la lumière, au cours du mois… de décembre. Idem pour les Gaulois et la fête du solstice d’hiver.

Le jour de Noël pourrait ainsi incarner un véritable paradoxe, associant un événement chrétien à une croyance païenne. Une jolie union des cultes.

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Cécile David