Du gaz radioactif dans la maison d’une famille qui gardait des enfants

D'importantes doses de gaz naturel radioactif ont été détectées au sein d'une maison de Haute-Vienne où une vingtaine d'enfants ont été gardés depuis 2000. La famille a été relogée.

0
1041
L'importante concentration de radon mesurée est due aux stériles miniers et résidus de traitement de minerai d'uranium utilisés en remblais sous l'habitation. - crédit photo : Ingram Publishing ©ThinkStock

La préfecture de la Haute-Vienne a annoncé hier, mercredi 26 mars, que des doses non négligeables de radon, un gaz naturel radioactif, ont été décelées au sein d’une maison où une vingtaine d’enfants ont été gardés entre 2000 et 2014. Un taux qui représente un danger pour la santé de ses occupants, récemment relogés.

Gaz radioactif : des niveaux observés très inquiétants

Le radon est un gaz « qui se dilue facilement dans l’air extérieur mais qui peut présenter des risques pour la santé » en cas d’exposition prolongée, précisait hier soir (AFP) la préfecture et l’Agence régionale de santé (ARS). Il en a été retrouvé en quantité anormale dans la cave et les pièces du logement. Des niveaux « significativement supérieurs aux valeurs maximales observées » dans la région ont été mesurés (AFP). À tel point que le relogement de la famille s’est avéré indispensable.

Le logement en question a été construit dans les années 1960. Il est situé à Bessines-sur-Gartempe (nord de Limoges), dans une zone où les sols, riches en minerai d’uranium, ont fait l’objet d’une exploitation minière pendant plusieurs décennies. Les services de l’État auraient été avertis de la situation le 10 mars. Le contrôlé a été réalisé dans le cadre du programme de recensement des lieux de réutilisation des stériles minier d’uranium, dirigé par Areva.

Niveau élevé de gaz radioactif : une enquête est en cours

L’importante concentration de radon mesurée est due aux stériles miniers et résidus de traitement de minerai d’uranium utilisés en remblais sous l’habitation. « La présence de tels [éléments] en dehors des sites miniers et des lieux de stockage autorisés est tout à fait anormale et contraire à la réglementation », insistent la préfecture et l’ARS. Une enquête administrative a été ouverte.

Les personnes vivant dans cette maison exerçaient depuis 2000 une activité de garde à domicile. Les familles (seize) des enfants concernés vont être contactées par les autorités. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a été saisi de l’affaire pour évaluer le degré d’exposition des occupants et les risques sanitaires encourus.

Sur le même thème :

Lire aussi : Asos retire une ceinture radioactive des ventes

Lire aussi : Fukushima – Cent fois plus de cancers en 3 ans

Cécile David