« eBay de la drogue fermé », un partisan mécontent

Un Australien déplore la fermeture du site Silk Road, considéré comme « l'eBay de la drogue ». Le site revendait des stupéfiants aux personnes souhaitant se suicider.

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Les internautes pouvaient y trouver de l'héroïne, de la cocaïne, du LSD, des métamphétamines ©ThinkStock

Je vous demande le droit de mourir, titre du livre de Vincent Herbert pourrait résumer cette histoire. Philip Nitschke, un Australien, président de l’association Exit International, qui réclame le droit à l’euthanasie depuis plus de dix ans, se dit mécontent de la fermeture du site internet Silk Road.

Disparition de l’anonymat

Ce site, présenté comme « l’eBay de la drogue », a été fermé par la justice américaine, qui a également arrêté son propriétaire à San Francisco (Etats-Unis), permettait aux personnes désireuses d’en finir de se procurer des produits facilitant la mort. Les stupéfiants étaient vendus en ligne en échange de monnaie virtuelle. Sur ce site, les internautes pouvaient notamment trouver du Nembutal, médicament qui provoque la mort par arrêt respiratoire s’il est pris en quantité trop importante. « Nos membres plus âgés appréciaient le confort de savoir que leurs transactions étaient confidentielles » déclare Philip Nitschke, qui reconnait connaître au moins 20 personnes ayant acheté ce produit via Silk Road.

L’euthanasie, ou le suicide assisté, a été autorisé quelques années dans les Territoires Nord de l’Australie, avant d’être interdite dans les années 90. La procédure est devenue illégale dans tout le pays, comme dans la plupart des pays. D’autres, comme les Pays-Bas, la Suisse, quelques états des Etats-Unis et la Belgique autorisent la pratique dans certaines conditions, comme Nathan Verhelst, un Belge de 44 ans, euthanasié pour « souffrances psychiques insupportables » à Bruxelles.

Internet: lieu de non-droit ?

Pour combler cette disparition, l’association a publié les adresses d’autres endroits où l’on peut se procurer du Nembutal, mais « ce n’est plus anonyme et les gens risquent de recevoir la visite de la police », précise Philip Nitschke.

Le site Silk Road s’était fait une spécialité de l’infraction à la loi. Depuis janvier 2011, les internautes pouvaient y trouver de l’héroïne, de la cocaïne, du LSD, des métamphétamines, ainsi que des logiciels de piratages ou destinés à verrouiller des ordinateurs personnels et voler des mots de passe. Internet n’est pas une zone de non-droit, qu’on se le tienne pour dit.

Laurie Ferrère