Education nationale : un agent sur sept en épuisement professionnel

Selon une étude parue lundi, un agent de l’Education nationale sur sept se dit en situation de "burnout" et un sur quatre en état de tension professionnelle. Une étude que les syndicats comptent bien utiliser pour faire renforcer la prévention contre les risques psychosociaux.

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Le corps enseignant va mal ©ThinkStock

Les agents de l’Education Nationale vont mal. C’est en tout cas les résultats d’un étude publiée ce lundi et menée par le « Carrefour santé social », regroupant la mutuelle MGEN et les trois fédérations syndicales du monde éducatif (FSU, Unsa Education et Sgen-CFDT. Ainsi, 24% des agents affirment être en état de tension au travail et 14% en épuisement professionnel.
Le Carrefour santé social cite qu’une « proportion non-négligeable des professionnels est en situation de risque psycho-social avéré, en particulier les conseillers principaux d’éducation (CPE), les personnels administratifs, les professeurs des écoles élémentaires et ceux exerçant en collège ». La situation est telle qu’au cours des 12 derniers mois, une grande majorité aurait déjà connu un problème musculosquelettique, touchant la nuque (78%), le bas du dos (75%), l’épaule (60%), le genou ou la jambe (54%).

Une demande psychologique élevée

Par ailleurs, l’enquête « Sumer » menée notamment par l’Inspection médicale du Travail et qui sert de socle de référence en France (toutes professions confondues), confirme le malaise du corps enseignant. Elle met ainsi en exergue une « demande psychologique » élevée dans l’Education Nationale, et montre que c’est à l’école qu’on est le plus stressé : 12% des cadres et 23% des salariés en général se disent « tendus » au travail, en comparaison des 24% de l’Education nationale.
Autre enseignement à retenir, l’épuisement toucherait principalement les hommes et les plus de 55 ans. Elisabeth Labaye, membre de la FSU affirme que c’est bel et bien « la dégradation du travail dans les années récentes » qui expliquerait ces résultats. En cause : « intensification du travail, mise en concurrence des personnels, réformes à la hussarde, injonctions multiples et parfois contradictoires ». Elle ajoute regretter que les 80 médecins de prévention promis il y a deux ans n’aient à ce jour pas encore été recrutés. Aujourd’hui ils sont seulement 24. Samy Driss, membre de l’Unsa Education, a demandé au ministère de prendre en charge cette question de la santé au travail et surtout celle des fins de carrière, souvent plus difficilement vécues depuis la suppression de la cessation progressive d’activité. Cette dernière permettait en effet de travailler les cinq dernières années à 50% payé 80%.

Laura Gerhard