Éducation : une campagne « choc » contre la gifle

La Fondation pour l’enfance lance une campagne de prévention contre les violences éducatives ordinaires, comme les gifles et les fessées. « Il n’y pas de petite claque », insiste-t-elle par l’intermédiaire d’un spot « choc » de trente secondes.

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Un spot « choc » va être diffusé à la télévision et sur internet afin de faire comprendre aux parents qu’une « bonne gifle » n’est pas la solution. - Crédit photo : la Fondation pour l'enfance (capture d'écran) ©DR

« Il n’y a pas de petite claque ». La Fondation pour l’enfance lance une campagne de prévention contre les violences éducatives ordinaires. Un spot « choc » va être diffusé à la télévision et sur internet afin de faire comprendre aux parents qu’une « bonne gifle » n’est pas la solution.

« Une petite claque pour vous. Une grosse claque pour lui. »

« Il n’y a pas de petite claque, ni de petit coup, toute violence envers nos enfants peut avoir des conséquences sur leur santé physique et psychologique », explique sur le site de la fondation le Dr Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne.

Un spot de trente secondes, réalisé par l’agence Rosapark, met en scène une maman et son fils. La jeune mère est en train de téléphoner, le garçon joue sur la table de la cuisine. Agacée par le bruit, elle demande à son fils d’arrêter avant de lui flanquer une baffe. Apparaît une note : « une petit claque pour vous. » Puis la scène se rejoue, au ralenti. Nouvelle note : « une grosse claque pour lui. » La caméra zoom sur l’enfant. Il baisse la tête. L’air triste. « Il n’y pas de petit claque », conclut la fondation.

Ce clip a été conçu pour « aider les parents à regarder l’effet d’une claque filmée par une caméra de 1 000 images par seconde, précise Philippe Veron, vice-président de la Fondation pour l’enfance (Le Figaro). Après ce film, on ne pourra plus feindre d’ignorer l’impact de ces violences sur nos enfants. »

La loi française n’interdit pas les violences éducatives ordinaires

En juillet 2012, une étude publiée dans la revue américaine Pediatrics démontrait l’impact négatif du châtiment corporel sur le développement de l’enfant. Selon les chercheurs à l’origine de cette enquête, les personnes ayant reçu des fessées durant leur enfance aurait entre 2 et 7 % de risques supplémentaires de développer des troubles du comportement et des problèmes d’addiction à l’alcool ou à la drogue.

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À date, les violences éducatives ordinaires sont interdites dans trente-deux pays. Parmi eux ne figurent ni le Canada, ni les États-Unis, ni la France. En 2009, la députée Edwige Antier (UMP), pédiatre, avait présenté une proposition de loi contre ce type de violences. En vain. Pourtant, juste avant que l’Assemblée nationale ne se prononce sur le sujet, des centaines de psychothérapeutes avaient voté à l’unanimité une motion réclamant une loi pour « abolir la violence physique et psychologique envers les enfants » (Huffington Post).

VIDÉO – « Il n’y a pas de petite claque » :


© DR – Fondation pour l’enfance – Rosapark

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Cécile David