Embargo russe : quel effet sur les prix en France ?

La Russie a annoncé, jeudi, l’interdiction totale d’importer la plupart des produits alimentaires venant des autres pays d’Europe et des Etats-Unis. Une décision qui risque de faire grimper les prix et menacer des emplois en France, notamment.

0
1624
En 5 mois, la Russie aurait importé pour 16,2 milliards d’euros de produits alimentaires. ©ShutterStock

Les Russes ne trouveront plus dans les rayons de leurs supermarchés de produits alimentaires en provenance des pays d’Europe et des Etats-Unis. Au moins pendant un an. Le Premier ministre Dmitri Medvedev a annoncé, jeudi 7 août, à la télévision, un embargo total, en réponse aux sanctions occidentales à l’encontre de Moscou. Ne pourront plus être importés en Russie : le boeuf, le porc, la volaille, le poisson, le fromage, le lait, les légumes et les fruits en provenance des États-Unis, de l’Union européenne, de l’Australie, du Canada et de la Norvège. Les aliments pour bébé ne sont pas concernés par cette interdiction. De même, les Russes pourront continuer d’acheter des produits à l’étranger, mais gare à ceux qui tenteraient de profiter de la situation en les revendant clandestinement sur le territoire russe…

M. Medvedev a précisé que cet embargo pourra être levé si ses « partenaires font preuve d’une approche constructive », avant de poursuivre : « Toutes ces mesures ne sont purement qu’une réponse (aux sanctions occidentales, NDLR). Nous ne voulions pas d’un tel développement de la situation. Il n’y a rien de positif dans les sanctions (…) J’espère sincèrement que le pragmatisme économique prévaudra sur les considérations politiques stupides chez nos partenaires, et qu’ils penseront à ne pas isoler ou faire peur à la Russie ».

6 000 entreprises françaises exportent en Russie

L’interdiction d’importation imposée par Poutine aura nécessairement des conséquences sur l’économie des pays européens. D’autant que la Russie était jusqu’alors un client de choix : de janvier à mai 2014, elle aurait importé pour 16,2 milliards d’euros de produits alimentaires. En France, on évoque déjà une menace sur les prix, mais aussi sur les emplois (producteurs, expéditeurs, conditionneurs) concernés. Selon la Chambre de commerce franco-russe, 1 600 entreprises françaises sont implantées en Russie et 6 000 autres exportent sur le sol russe. Des sociétés aujourd’hui sous pression.

Julie Toury