En Uruguay, des moutons transgéniques sont nés phosphorescents

Hier, des chercheurs uruguayens ont annoncé avoir fait naître depuis plusieurs mois des moutons génétiquement modifiés… phosphorescents. Objectif final : parvenir à utiliser la transgénèse à des fins médicales.

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« La transgénèse sur cette espèce n'était pas disponible en Amérique latine et cette réussite positionne l'Uruguay au plus haut niveau scientifique mondial » se réjouissent les deux instituts à l'origine de l'expérience. - Crédit photo : Rtbf.be (capture ©DR

L’heureux événement a été publiquement annoncé hier, mercredi 24 avril, par la fondation IRAUy (Uruguay), en partenariat avec l’Institut Pasteur. Des scientifiques uruguayens ont pu assister, en octobre 2012, à la naissance de moutons génétiquement modifiés phosphorescents. Les chercheurs voulaient s’assurer qu’il était bien possible d’introduire un gène étranger dans l’ADN de ces animaux. Mission réussie.

Moutons transgéniques : jaunes fluo, mais parfaitement normaux

Les moutons sont nés à l’IRAUy. Ils se sont développés exactement de la même façon que les animaux non transgéniques, assure le président de l’Institut, Aleo Menchaca. Seule petite différence, preuve que l’expérience est un succès : exposés à une lumière ultra-violette, ils deviennent… jaunes fluo. Les chercheurs ont introduit dans leur ADN un gène de méduse, à l’origine de cette phosphorescence.

« La transgénèse sur cette espèce n’était pas disponible en Amérique latine et cette réussite positionne l’Uruguay au plus haut niveau scientifique mondial », se réjouissent les deux instituts. La technique opérée par les chercheurs s’est révélée très efficace : « Tous ceux qui sont nés sont positifs, précise Alejo Menchaca. Maintenant, nous pouvons travailler avec un autre gène, qui sera d’un plus grand intérêt, pour produire une protéine spécifique ».

Se servir de la transgénèse pour mieux lutter contre certaines maladies

Sur le long terme, l’objectif est d’utiliser la transgénèse à des fins médicales. Les scientifiques sont en train de réfléchir à un moyen d’incorporer le gène producteur d’une protéine manquante (comme l’insuline chez les diabétiques) dans le génome d’une brebis. Ainsi, l’animal le produirait dans son lait et la protéine pourrait être isolée afin de concevoir des médicaments plus facilement qu’avec les méthodes actuellement employées.

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> En 2011, l’Argentine avait réalisé une expérience du même genre. Des scientifiques avaient réussi à donner naissance à des vaches transgéniques, dont le lait contenait de l’insuline. La production de la protéine à partir du lait de vache permettrait de réduire de « pas moins de 30 % » son coût de fabrication, a expliqué le directeur d’une entreprise experte en biotechnologie, Marcelo Criscuolo (Métro France).

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Damien Rigat