Et si les homophobes étaient des homosexuels refoulés ?

Selon une étude tout juste parue dans une revue américaine, certains homophobes seraient en fait… des homosexuels refoulés.

0
1765

De nombreux sondages ont déjà posé la question : pensez-vous que l’on peut être homophobe et homosexuel ? Si certains répondent oui, ce n’était jusque-là que des avis personnels, sans preuve à l’appui. Dans son numéro d’avril, la revue américaine Journal of Personality and Social Psychology publie une étude selon laquelle l’homophobie pourrait effectivement rimer avec homosexualité.

Les chercheurs, issus de trois universités (Rochester, Essex et Californie) expliquent que le sentiment anti-gay serait dû à une méconnaissance de sa propre sexualité. « Les individus qui se considèrent hétérosexuels, mais dont les tests psychologiques montrent une attirance pour les personne du même sexe, peuvent se sentir menacés par les gays et lesbiennes, parce qu’ils leur rappellent leurs propres tendances », explique Netta Weinstein, qui a mené les recherches.

Laissons l’inconscient s’exprimer

L’étude, réalisée en Allemagne et aux Etats-Unis, a soumis les participants à quelques « expériences » apparemment très révélatrices. Dans un premier temps, les chercheurs ont tenu à évaluer le taux d’homophobie auquel avaient été exposés les candidats dans leur enfance et adolescence. Ils devaient dire si, oui ou non, ils étaient d’accord avec certaines affirmations. « Je me suis senti contrôlé ou mis sous pression », « Ma mère serait énervée si elle découvrait qu’elle était seule avec une lesbienne », « Mon père évite les homophobes », ou au contraire « Je me sentais libre d’être qui je voulais être », étaient des phrases auxquelles les participants devaient donc répondre le plus honnêtement possible.

Ensuite, après avoir visionné des images subliminales, les sondés devaient regrouper plusieurs mots ensemble, le plus rapidement possible. Pour les auteurs de l’étude, si spontanément, les mots « gay » et « moi » se retrouvaient dans la même case et que, au contraire, on relevait peu de fois l’association « hétéro » et « moi », cela serait le signe d’une « orientation homosexuelle implicite ».

Enfin, un questionnaire plus direct sur la perception de l’homosexualité par les participants venait compléter l’étude.

Une étude basée sur les hypothèses de Freud

Une partie du test étant basé sur des images subliminales, l’inconscient viendrait donc jouer un rôle dans cette étude. Les conclusions, tirées à la suite de ces expériences par les chercheurs, sont donc fondées sur les théories de Freud. Une science largement connue, mais pas exacte.

Freud appelait ça le « mécanisme de défense ». La théorie explique que lorsqu’une personne réagit agressivement face à une situation ou une personne, c’est parce qu’elle provoque en elle une certaine anxiété. Cette dernière découlerait d’un conflit interne névrotique, une bataille entre ce qu’on est vraiment et ce que l’on voudrait être (ou que l’on voudrait faire croire que l’on est).

L’homophobie ne serait donc pas innée mais bel et bien acquise, à cause des facteurs extérieurs et des névroses qu’ils engendrent.

Mathilde Bourge