Être bon en lecture et en maths n’est pas incompatible… au contraire !

Des chercheurs britanniques ont découvert que les gènes liés à l'alphabétisation et au calcul étaient étroitement liés.

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Des chercheurs britanniques ont découvert que les gènes liés à l'alphabétisation et au calcul étaient étroitement liés. ©ShutterStock

Selon une étude britannique, entre 10 et 50 % des gènes liés à la maîtrise de la lecture interviennent aussi dans nos compétences… en mathématiques. Une découverte qui pourrait aider les chercheurs à mieux comprendre certains troubles de l’apprentissage, tels que la dyslexie ou la dyscalculie, qui concernent 10 % de la population dans les pays anglophones.

L’étude, publiée dans la revue Nature Communications, a analysé l’influence de la génétique sur les performances littéraire et mathématique d’enfants âgés de 12 ans de 2 800 familles britanniques. En combinant les résultats dans les différentes matières avec les tests ADN, les chercheurs ont découvert que les variations génétiques influençaient les capacités des élèves dans les deux domaines.

La génétique n’explique pas tout

« L’étude ne pointe pas de gènes spécifiques liés à l’alphabétisation et au calcul », explique Robert Plomin. « Elle suggère plutôt que l’influence génétique sur des caractéristiques complexes, comme les capacités d’apprentissage, ou des troubles fréquents, comme la dyslexie, relève d’une multitude de gènes ayant chacun un tout petit effet », poursuit-il.

Les chercheurs relèvent toutefois que la génétique n’explique pas tout et insistent sur le rôle important que peut jouer l’environnement d’un enfant dans le développement de ses compétences en lecture et en mathématiques. « C’est cette interaction complexe entre l’inné et l’acquis qui nous fait tels que nous sommes », résume le premier auteur de l’étude, Oliver Davis (University College de Londres). « Trouver une influence génétique aussi forte ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire lorsqu’un enfant montre des difficultés à apprendre », souligne Robert Plomin. « Cela demandera seulement un peu plus d’efforts de la part des parents, de l’école et des enseignants », ajoute-t-il.

Mathilde Bourge