Être pessimiste pour vivre plus longtemps ?

Selon une étude allemande, être pessimiste permettrait d’augmenter son espérance de vie. Les chercheurs ont remarqué que les personnes âgées les moins optimistes vivaient plus longtemps, et en meilleure santé, que leurs semblables les plus confiants.

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Les individus les plus optimistes auraient un risque de décès 10 % plus important que les autres. - Image d'illustration ©Fotolia

Cocorico ! Réputé pour sa faculté à broyer facilement du noir, le Français a de quoi sourire (enfin pas trop) avec cette nouvelle étude : être pessimiste aurait un impact positif sur la longévité. Selon une étude de l’Institut économique allemand (DIW) publiée le 18 février dans la revue Psychology and Aging, les personnes âgées les plus préoccupées par leur avenir seraient celles qui vivraient le plus longtemps.

Le pessimisme grandit avec l’âge

Pour parvenir à une telle conclusion, Frieder Lang – directeur de l’institut de psychologie gérontologique de l’Université Friedrich-Alexander de Nuremberg – et ses collègues ont observé entre 1993 et 2003, environ 40 000 personnes faisant partie du panel socio-économique allemand (individus interrogés régulièrement pour des études statistiques). Les témoins ont été divisés en 3 : les 18-39 ans, les 40-64 ans et les 65 ans et plus. Au début de l’enquête, ils devaient tenter de traduire comment ils percevaient leur vie dans 5 ans, sur une échelle de satisfaction allant de 0 à 10. Les chercheurs ont ensuite regardé si leurs prévisions se sont avérées bonnes, ou non, 5 ans plus tard.

Premier constat : l’optimisme décroît avec l’âge. Plus les personnes interrogées étaient âgées, moins elles étaient optimistes quant à leur avenir. Dans le groupe des 65 ans et plus, l’équipe de chercheurs a remarqué que 43 % des sondés évaluaient de façon trop pessimiste leur avenir, 32 % de façon un peu trop optimiste.

Les personnes âgées les plus optimistes vivraient moins longtemps

Deuxième constat : les personnes âgées les plus pessimistes vivraient plus longtemps que les autres, et en meilleure santé. Ainsi, les individus les plus optimistes présentaient un risque de décès 10 % plus important que les autres et avaient 9,5 % de risque en plus de voir leur état physique se dégrader.

Pourquoi le pessimisme a-t-il un impact sur la longévité ? Aucune véritable explication pour le moment. Les auteurs de l’étude pensent que l’anxiété pousse les individus à consulter plus facilement un médecin et donc, à mieux se soigner. Ces résultats doivent être pris avec précaution. Il serait nécessaire d’effectuer des recherches plus approfondies sur le sujet pour confirmer, ou non, la tendance.

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Damien Rigat