Étrennes : combien donner ?

Avec les fêtes de fin d’année vient le temps des étrennes. Une tradition qui perdure malgré la crise économique. Mais attention aux arnaques.

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Étrennes : combien donner ? ©ALLILI MOURAD/SIPA

Fin décembre, début janvier, pour certains, le plaisir c’est d’offrir. Tandis que d’autres préfèrent recevoir… Selon les historiens, la tradition des étrennes remonte à l’époque romaine. Le mot viendrait du latin strena qui désigne un cadeau fait pour apporter un bon présage. Il était alors convenu d’offrir un présent pour la nouvelle année à ses amis et connaissances, mais également à l’empereur. Quelques siècles plus tard, les destinataires ont changé, passant des personnes que le donateur souhaitait honorer à celles qu’il voulait remercier pour services rendus. Aujourd’hui, ce sont souvent les facteurs, pompiers, concierges, nounous, éboueurs et femmes de ménage qui bénéficient de la générosité des Français. Des dons qui n’ont rien d’obligatoire mais qui restent appréciés, même si les professionnels concernés constatent une baisse du montant des étrennes. Il faut aussi savoir que certaines grandes villes interdisent cette pratique. À Paris, Nice ou Lyon, les agents municipaux n’ont pas le droit de démarcher les administrés.

À qui donner ?

Aux pompiers : Méritants, les soldats du feu font souvent l’unanimité et récoltent assez facilement des étrennes en échange d’un calendrier. La moyenne des dons se situe généralement entre 5 et 10 euros. L’argent reçu revient à l’amicale des pompiers pour financer des assurances, des activités sportives et des événements festifs. Une partie est aussi distribuée aux pupilles des pompiers.

Aux éboueurs : Réputée pénible, cette profession a longtemps été mal payée, ce qui n’est plus le cas. Les éboueurs sont de moins en moins nombreux à passer pour les étrennes et reçoivent en moyenne 5 euros.


Aux facteurs
 : Qui ne connaît pas le célèbre almanach de la Poste ? Les facteurs sonnent toujours aux portes avec un calendrier, illustré le plus souvent de chatons, de chiots, de chevaux ou de jolis paysages. La recette du succès n’a presque pas changé depuis sa création au XIXe siècle. À l’intérieur, on y retrouve les fêtes du jour, les phases de la lune, les horaires de marées entre autres. Les dons, en moyenne entre 5 et 10 euros, tombent directement dans l’escarcelle du facteur. Pour les plus chanceux, les étrennes peuvent même représenter un treizième mois. Il faut savoir que la Poste n’a d’ailleurs rien à voir avec le calendrier du même nom. Les facteurs achètent eux-mêmes les almanachs à des éditeurs dont le plus connu est Oberthur. Puis les vendent en-dehors de leurs heures de travail. Plusieurs millions d’exemplaires sont écoulés chaque année. Si certains considèrent qu’ils n’ont pas à donner de l’argent à leur facteur qu’ils voient de moins en moins souvent, d’autres attendent avec impatience son passage. « Certaines personnes nous appellent même pour le réclamer quand leur facteur ne s’est pas présenté », remarque Christophe Rault, le patron d’Oberthur.

Aux concierges et gardiens d’immeubles : Ils sont toujours là quand on a besoin d’eux. Les concierges et gardiens, eux aussi, ont droit à leurs étrennes. La somme varie selon le lieu où on habite. Dans les quartiers chics, les dons peuvent représenter plus de 10 % du loyer mensuel. Ailleurs, il est coutume de débourser entre 30 et 50 euros.

À la femme de ménage : Tout le monde n’a pas les moyens de payer une femme de ménage, mais ceux qui le peuvent profitent des fêtes de fin d’année pour la remercier du dur labeur effectué. En lui offrant un cadeau personnalisé ou en lui glissant une enveloppe contenant au moins 50 euros.

À la baby-sitter : Il ou elle répondent toujours présents pour garder vos enfants à la dernière minute ou quand ils sont malades? Cela mérite bien une petite attention en espèces sonnantes et trébuchantes ou sous la forme d’un cadeau.

Gare aux escrocs

Cet élan de générosité saisonnier attire son lot de filous. Régulièrement, les autorités locales mettent en garde contre des individus qui font du porte-à-porte en se faisant passer pour des éboueurs, agents EDF ou facteurs. Les personnes âgées sont souvent visées. Les malfaiteurs profitent de leur vulnérabilité pour s’introduire dans leur domicile et les voler. Pour vous prémunir de ces arnaques, demandez la carte professionnelle de la personne si vous ne la connaissez pas et ne la faites pas entrer chez vous.

On se moque de nous : Les étrennes des sénateurs UMP

De 2003 à 2014, les sénateurs UMP ont bénéficié de généreuses étrennes. Tous les ans au mois de décembre, la comptable du groupe tendait à chacun d’entre eux une enveloppe contenant un chèque d’au moins 8 000 euros puis leur faisait signer une liste d’émargement. Les sénateurs UMP étant plus de 140, cela représentait environ un million d’euros ! Il fallait parfois deux ou trois jours pour distribuer les sommes… Ce confortable treizième mois pour les pensionnaires UMP du Palais du Luxembourg venait s’ajouter aux 5 400 euros nets mensuels de rémunération, aux 7 500 euros alloués à l’emploi de collaborateurs et aux 6 000 euros de frais de mandat. Le groupe UMP a expliqué que les sénateurs récupéraient en fait la cotisation qu’ils devaient verser chaque mois et qui était donc remboursée en fin d’année. L’association Anticor a porté plainte pour détournement de fonds publics. En effet, la cotisation en question était prélevée sur l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) qui sert à couvrir les frais inhérents à l’exercice des fonctions parlementaires. « Cette indemnité n’a donc pas vocation à être reversée aux sénateurs eux- mêmes, d’autant que ceux-ci perçoivent déjà une indemnité parlementaire », selon Anticor.

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Solenne Durox