Eugene Gootsman : l’ordinateur humain

C’est une première historique. Un programme informatique a réussi le test de Turing, censé mesurer la capacité d’un ordinateur « à penser ». L’intelligence artificielle a bluffé son monde en se faisant passer pour un garçon de 13 ans.

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13 ans, lunettes rondes et petit sourire enfantin, jusqu'ici Eugène Gootsman n'a rien d'anormal. ©Capture d'écran

13 ans, lunettes rondes et petit sourire enfantin, jusqu’ici Eugène Gootsman n’a rien d’anormal. Sauf que ce n’est pas un vrai petit garçon, mais un programme informatique qui a vu le jour en 2001.

Un personnage avec une personnalité plausible

Développés par des Russes, cette intelligence artificielle vient de passer avec succès le test de Turing, du nom de son inventeur – Alan Turing – censé mesurer la capacité d’une intelligence artificielle « à penser ». Après avoir échangé avec les jurés pendant cinq minutes, 33 % d’entre eux n’ont pas su dire qu’ils ne conversaient pas avec un humain.

Jusqu’à cette date, aucune machine n’était parvenue à passer ce test. Pour y parvenir, les développeurs, Vladimir Veseloc et Eugene Demchenko, ont intégré au sein de cet ordinateur des données de savoir, mais également une certaine naïveté, afin de rendre Eugène plus humain. « Notre principale idée était qu’il puisse affirmer qu’il connaissait tout, mais son âge rendrait parfaitement vraisemblable le fait qu’il ne connaissait pas tout. Nous avons passé beaucoup de temps à développer un personnage avec une personnalité plausible ».

Des capacités restreintes mais qui inquiètent

Et si ce jeune adolescent sorti tout droit du futur présente quelques défauts – en test, on voit que le robot esquive les questions, tient des propos confus, répond à côté, ressasse les mêmes anecdotes – il n’en demeure pas moins que ce genre de performance a de quoi inquiéter.

« Avoir un ordinateur qui peut tromper un humain et l’amener à penser que quelqu’un, ou même quelque chose est une personne digne de confiance est un signal d’alarme sur la cybercriminalité », déclare au quotidien The Independent, Kevin Warwick, professeur à l’Université de Reading.

Ce test de Turing a été validé samedi 7 juin 2014, soixante ans jour pour jour après le décès de son concepteur, Alan Turing, mathématicien de génie et artisan pendant la Seconde Guerre mondiale du déchiffrement d’Enigma, la machine de cryptographie nazie.

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Laurie Ferrère