Euthanasie : l’Ordre des médecins favorable à une sédation terminale

Le débat sur l’euthanasie est relancé. Le Conseil national de l’Ordre des médecins s’est prononcé le 14 février en faveur d’une aide à la fin de vie. Il recommande le droit à une sédation terminale dans certains cas bien précis.

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Selon les derniers sondages réalisés, une majorité de Français serait favorable à la légalisation de l'euthanasie. - Crédit photo : Tyler Olson ©Fotolia

C’est une première dans le monde médical. Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) souhaite une révision de la loi Leonetti, qui limite actuellement le droit de « laisser mourir ». Il propose qu’une sédation terminale puisse être réalisée sur des patients souffrant depuis longtemps. Par son avis, rendu public le 14 février, il espère « enrichir le débat public [sur l’euthanasie] et accompagner la société dans son cheminement sur cette question ».

Fin de vie : que préconise l’Ordre des médecins ?

Le CNOM demande « une évolution de la législation sur la fin de vie en réponse à des situations exceptionnelles », pour qu’enfin soient prises en considération « des requêtes persistantes, lucides et réitérées de la personne atteinte ».

Il « estime qu’une sédation adaptée, profonde et terminale du patient doit pouvoir être délivrée par un collège médical, dont il conviendrait de fixer la composition et les modalités de saisine ».

Qu’est-ce que la sédation terminale ?

La sédation terminale provoque un coma chez le patient, conçu pour durer jusqu’à ce que la mort survienne. La loi Leonetti de 2005 autorise seulement les traitements sédatifs, délivrés pour soulager le patient et non pour provoquer sa mort de façon volontaire (euthanasie).

Seraient concernées par ce dispositif, les patients souffrant d’ « agonies prolongées » ou de « douleurs psychologiques et/ou physiques qui, malgré les moyens mis en œuvre, restent incontrôlables ».

Sédation = euthanasie ?

Jamais le mot « euthanasie » n’est employé par le CNOM. Le professeur Sicard expliquait cependant, dans son rapport rendu en décembre au gouvernement, que l’euthanasie et la sédation profonde étaient relativement proches. La différence : l’euthanasie revient à donner au patient un produit qui lui donnera immédiatement la mort ; la sédation « laisse la mort s’installer sans que la personne souffre », déclare le Dr Jean-Marie Faroudja, de l’Ordre des médecins.

L’objectif du CNOM est aussi d’ « informer le grand public des dispositions de la loi concernant les directives anticipées et la personne de confiance [et de] réaffirmer explicitement la clause de conscience des médecins ».

Lire aussi : Euthanasie, comment François Hollande a-t-il relancé le débat ?

Un projet de loi sur la fin de vie sera présenté au Parement en juin. Le Conseil national consultatif d’Éthique devrait prochainement rendre son rapport sur la question.

Selon un sondage Ifop pour Pèlerins Magazine publié en octobre 2012, 86 % des Français seraient favorables à la légalisation de l’euthanasie. 56 %, selon l’enquête réalisée dans le cadre de la mission Sicard.

Cécile David