Excès de sel : 1,6 million de décès par an

Selon une récente étude américaine, la consommation excessive de sel serait à l'origine de près de 1,6 million de décès chaque année à travers le monde. Un chiffre à prendre avec des pincettes.

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La consommation quotidienne de sodiul dans le monde était de 3,95 grammes, en moyenne, par personne en 2010. ©ShutterStock

Les études le montrent : trop saler ses plats est néfaste pour la santé, notamment d’un point de vue cardiovasculaire. Selon une étude publiée le 14 août dans le New England Journal of Medicine (NEJM), l’excès de chlorure de sodium serait responsable d’environ 1,6 million de décès par an.

Une personne consomme chaque jour en moyenne 3,95 grammes de sodium

Une importante consommation de sel entraîne une hausse de la tension artérielle et un risque accru d’accident vasculaire cérébral (AVC) et de maladie cardiovasculaire, indique le Dr Dariush Mozaffarian, président de la faculté de sciences de la nutrition à l’Université Tufts (États-Unis) et principal auteur de l’étude.

Après avoir examiné plus de 205 études sur le sujet, l’équipe de chercheurs a constaté que la consommation quotidienne de sodium dans le monde était de 3,95 grammes, en moyenne, par personne en 2010 (2,18 grammes en Afrique subsaharienne, 5,51 grammes en Asie centrale). Notons que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande seulement deux grammes par jour (soit cinq grammes de sel). Les travaux révèlent que près de 58 000 décès en rapport avec un problème cardiovasculaire survenant chaque année aux États-Unis pourraient être liés au fait d’ingérer plus de deux grammes de sodium au quotidien.

Étude sur le sel : des chiffres à manipuler avec précaution

« Les résultats de cette étude montrent la nécessité d’engager des politiques vigoureuses pour réduire la consommation de sel alimentaire aux États-Unis et dans l’ensemble du monde », conclut le Dr Mozaffarian.

Les chercheurs indiquent que leurs chiffres sont à prendre avec précaution : la consommation mondiale de sel dans le monde pourrait être sous-estimée puisque certains pays ne disposent pas de données suffisantes sur le sujet. « Étant donné les nombreuses hypothèses utilisées par les auteurs pour compenser le manque de statistiques de bonne qualité, on se doit d’être prudents », explique le Dr Suzanne Oparil, de l’Université de l’Alabama, dans un éditorial publié en complément de l’étude.

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Damien Rigat