Excision : 30 millions de fillettes menacées

Selon l’Unicef, la pratique de l’excision est globalement en baisse mais toujours très répandue dans certains pays. Elle pourrait concerner près de 30 millions de fillettes à travers le monde dans les dix ans à venir.

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Dans la moitié des 29 pays étudiés, l’excision est généralement pratiquée sur des fillettes de moins de 5 ans. ©ThinkStock

L’excision est une pratique interdite dans de nombreux pays mais persiste dans certaines régions du monde, l’Afrique en tête. Selon un rapport de l’Unicef publié le 22 juillet, 30 millions de fillettes pourraient subir une ablation des organes génitaux externes au cours des dix prochaines années.

Excision : les Somaliennes sont les plus concernées

La Somalie est le pays où l’excision/mutilation génitale féminine (E/MGF) est la plus pratiquée au monde. Là-bas, la quasi-totalité des femmes entre 15 et 49 ans (98 %) ont subi une E/MGF, la plupart du temps sans anesthésie et avec des moyens limités. En Guinée, 96 % des femmes sont concernées. Suivent le Djibouti (93 %), l’Égypte (91 %), l’Érythrée et le Mali (89 %).

Pour établir ce rapport, l’Unicef s’est concentré sur 29 pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Dans 50 % d’entre eux, l’excision est généralement pratiquée sur des fillettes de moins de 5 ans.

L’organisation note tout de même une légère baisse de cette pratique. Dans « un peu plus de la moitié » des pays étudiés, l’E/MGF devient de « moins en moins répandue ». Au Kenya, par exemple, « les femmes âgées de 45 à 49 ans sont trois fois plus susceptibles d’avoir été excisées que les filles entre 15 et 19 ans », constate l’association humanitaire. Au Ghana, 16 % des adolescentes ont subi une excision, contre 60 % des femmes de 40 ans et plus.

L’excision, « une obligation sociale »

Dans 25 des 29 pays observés, l’excision est condamnée par la loi. Pourtant, elle persiste, la faute aux traditions. « Il existe une obligation sociale de se conformer à la pratique, explique dans son rapport l’Unicef. Et une croyance largement répandue selon laquelle si elles (les femmes) ne le font pas, elles risquent de payer un lourd tribut, comme d’être exclues socialement, critiquée, ridiculisée, stigmatisée. »

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« On estime à 130 millions le nombre de filles et de femmes actuellement en vie, dont les droits humains ont été violés par l’excision/mutilation génitale (E/MGF) », rapporte l’Unicef. Une pratique qui s’étend au-delà de l’Afrique et du Moyen-Orient : dans les pays industrialisés, elle peut aussi concerner les petites filles au sein des communautés d’immigrés.

« Ce qu’il faut à présent, c’est laisser les femmes et les filles, les hommes et les garçons, s’exprimer avec force et clarté pour annoncer qu’ils souhaitent l’abandon de ces pratiques néfastes », a déclaré Geeta Rao Gupta, directrice générale adjointe de l’association.

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Cécile David