Facebook : 7 ans de prison pour avoir posté des caricatures de Mahomet

Deux jeunes Tunisiens ont été condamnés à sept ans de prison pour avoir posté des caricatures du prophète sur Facebook.

0
2076
Facebook : 7 ans de prison pour avoir posté des caricatures de Mahomet

Deux jeunes Tunisiens ont reçu une peine de sept ans de prison, le 28 mars dernier, pour avoir diffusé des caricatures de Mahomet sur leur page Facebook. Le tribunal les condamne pour « attentat à la moralité et trouble de l’ordre public ». La sentence, seulement dévoilée hier, est estimée « lourde et sévère » par des blogueurs tunisiens, qui voient là une volonté du ministère de la Justice d’« étouffer la liberté d’expression, même sur internet ». Les adversaires laïques du gouvernement l’accusent même d’utiliser l’appareil judiciaire pour réprimer les milieux qui ne se soumettent pas à la religion.

Le premier accusé, Djabeur Mejri, a été immédiatement écroué à la suite du procès, tandis que Ghazi Bedji, également condamné, est toujours recherché par la police.

Des réprimandes systématiques

Cette affaire n’est pas sans rappeler celle des fameuses caricatures du prophète Mahomet, publiées par un journal danois en 2005. Les croquis avaient échauffé les esprits de nombreux mouvements religieux à travers le monde.

En France, fin 2011, le journal Charlie Hebdo a, lui, été la cible d’incendies criminels suite à l’annonce de la sortie d’un numéro spécial, rebaptisé « Charia Hebdo », avec Mahomet comme rédacteur en chef pour souligner la victoire du parti Ennahda en Tunisie. Le site internet de l’hebdomadaire avait également été piraté, la page d’accueil ayant été remplacée par une photo de la Mecque et l’Edito par quelques versets du Coran.

Si, dans les deux cas, les caricatures ont suscité de violentes réactions, le gouvernement laïque et sous régime de la liberté d’expression n’est pas intervenu pour condamner ces actes.

Il en est autrement dans les pays où religion et politique ne font qu’un. Toujours en Tunisie, Nessma, directeur d’une chaîne de télévision privée, va être également jugé pour blasphème. L’homme a en effet accepté la diffusion du film « Persepolis » de Marjane Satrapi dans lequel figure une représentation d’Allah, chose formellement interdite dans la religion musulmane.

Mathilde Bourge