Facebook, ce sapeur de moral

Selon une étude américaine, plus on utilise Facebook, plus on est malheureux. Et ce, indépendamment du nombre d'amis qu'on a sur le réseau social.

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Utiliser Facebook trop souvent rendrait malheureux ©ThinkStock

Accro à Facebook ? Attention, cette addiction – comme beaucoup d’autres – pourrait vous rendre bien malheureux. Selon une étude américaine, publiée dans la revue Plos One, ceux qui passent le plus de temps sur le réseau social serait également ceux qui se sentiraient le moins bien. Et d’après les chercheurs de l’université du Michigan et de Leuven, ce n’est pas la solitude et le mal-être qui pousserait à utiliser Facebook, mais bien l’usage de ce dernier qui serait néfaste à notre bien-être.

Depuis 2005, pas moins de 412 publications concernant le réseau aux un milliard d’abonnés ont été recensées. « Mais parmi tous ces travaux de recherche, aucun ne s’était encore intéressé à l’impact du réseau social sur l’humeur de ses utilisateurs au cours du temps », explique Philippe Verduyn, chercheur à l’université de Leuven et auteur de l’étude. C’est pourquoi les chercheurs se sont penchés sur la question grâce à un procédé novateur permettant de faire le lien entre l’état d’esprit d’une personne et son utilisation de Facebook.

Plus on utilise Facebook, plus notre humeur se dégrade

Pour arriver à leur conclusion, les universitaires ont mené une enquête auprès de 82 étudiants, âgés en moyenne de 19 ans et demi. Pendant quatorze jours, ces derniers ont reçu quotidiennement 5 textos contenant un lien vers un questionnaire à remplir en ligne. Leurs réponses permettaient d’évaluer l’humeur des sujets, leur utilisation de Facebook ainsi que leurs dialogues avec d’autres personnes (virtuellement ou en face à face). « Les résultats montrent que plus les sujets utilisent Facebook, plus leur sentiment subjectif de bien-être se dégrade », explique Philippe Verduyn. De plus, cet état serait indépendant d’autres facteurs, tels que le nombre d’amis, le genre de l’utilisateur ou le niveau de bien-être initial de chacun. « Nos données indiquent que l’usage de Facebook prédit une dégradation des deux aspects du sentiment de bien-être, qui sont la satisfaction globale que l’on a de sa vie et l’humeur que l’on ressent sur le moment », concluent les chercheurs.

L’étude est toutefois loin d’être complète. Non seulement les auteurs ignoraient tout des différentes pages consultées par les volontaires, mais ils souhaiteraient également refaire le test sur des personnes d’âges différents.

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Mathilde Bourge