Facebook retire (enfin) une vidéo de décapitation

Après plusieurs jours, Facebook a cédé à la pression des internautes. Ces derniers réclamaient la suppression d'une vidéo postée sans commentaire, mettant en scène la décapitation d'une jeune femme.

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©ThinkStock

Facebook a finalement cédé à la pression. Depuis quelques jours, de nombreux internautes réclamaient au réseau social la suppression d’une vidéo postée sans commentaire ni précision géographique, mettant en scène la décapitation d’une femme. Les images, très violentes, seraient l’œuvre du cartel mexicain Los Zetas, tristement réputé pour leurs exécutions filmées.

Face à cette scène d’une extrême violence, Facebook a pourtant mis du temps à réagir. Interrogé en début de semaine par le 20 Minutes suisse, un porte-parole du réseau expliquait alors avoir pris la « décision de ne pas supprimer ce contenu ». « Les gens ont le droit de décrire le monde dans lequel nous vivons, de présenter et de commenter les actions » et « d’attirer l’attention sur les injustices en postant un contenu dramatique ou inquiétant ». Un message en total contradiction avec les conditions d’utilisations du réseau : « Vous ne publierez pas de contenus : incitent à la haine ou à la violence, menaçants, à caractère pornographique ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite ».

Revirement de situation

Ce jeudi 2 mai, l’équipe de Mark Zuckerberg est finalement revenu à la raison, en supprimant le contenu de cette vidéo. « Nous allons supprimer les vidéos qui nous ont été signalées et réévaluer notre politique quant au traitement de ce genre de contenu » précise le service, qui ajoute néanmoins que « les gens partagent cette vidéo pour la condamner. Comme les journaux TV montrent souvent des atrocités bouleversantes, les utilisateurs peuvent partager ces mêmes contenus de manière à sensibiliser ».

Une vérité également applicable à internet en général, mais encore différente sur Facebook : certes, de tels contenus pullulent sur la toile mais il faut avoir la volonté de le chercher pour tomber dessus. Sur le réseau social, une vidéo peut être partagée à l’infini et atterrir sur le mur d’une âme sensible, sans qu’elle le veuille.

Facebook censure pour moins que ça

Cette décision tardive étonne d’autant plus que Facebook est généralement très réactif pour éliminer les images à caractère « choquant ». En mars dernier, les membres de l’équipe ont été particulièrement – trop – réactifs en suspendant le compte du Jeu de Paumes, qui avait pour photo de couverture… la photo d’une femme à moitié nue.

Lire aussi : Facebook censure le musée du Jeu de Paumes

Dernièrement, ils avaient également banni des photos de femmes allaitant leurs enfants ou encore le profil d’un utilisateur qui avait posté la peinture L’origine du Monde, du Gustave Courbet, comme avatar.

Mathilde Bourge