Festival de Montreux : la photo du petit Grégory utilisée par mégarde dans une publicité !

Un jeune graphiste a utilisé la photo du petit Grégory, sans savoir qui il était, pour illustrer une publicité pour le jardin d’enfants du Festival de jazz de Montreux.

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Le petit Grégory, assassiné dans les Vosges en 1984 ©DR

C’est ce qu’on appelle une belle, belle boulette. Le Montreux Jazz Chronicle, le journal du célèbre Festival de jazz de Montreux*, tiré à 2 000 ou 3 000 exemplaires par jour, a publié par mégarde une publicité d’un goût douteux pour le jardin d’enfants de l’événement. En arrière-plan de l’encart, apparaît la photo… du petit Grégory, assassiné dans les Vosges en 1984, à l’âge de 4 ans ! L’utilisation de ce visuel est d’autant plus incongrue, qu’il est accompagné du texte suivant : « Gratuite, la garderie du Festival accueille vos enfants de 3 à 10 ans dans un espace protégé, à l’abri du bruit et des regards… ». Gloups.

Mais qu’a bien pu passer par la tête du graphiste ? Comment peut-on ignorer qui est ce petit garçon souriant, aux cheveux bouclés, dont la photo circule depuis 30 ans dans les médias ?

Contactés par lemonde.fr pour s’expliquer, les organisateurs du festival ont d’abord voulu s’excuser auprès des « personnes heurtées par cette publicité ». Ils se disent « embarrassés » et parlent d’un « enchaînement d’erreurs » dont ils « mesurent la gravité ».

> Voir aussi : DIAPO – Quand les magazines ratent leurs retouches Photoshop

Le graphiste a fait une recherche dans Google images

La mise en page de cette publicité a en fait été confiée à un graphiste « jeune, étranger et qui ne connaît pas l’affaire [du petit Grégory] ». Et visiblement inexpérimenté… Pour trouver une photo d’illustration, il a simplement effectué une recherche sur Google images. Or, dans le milieu du graphisme, on sait bien que les images trouvées au hasard sur internet sont souvent non libres de droit : il est interdit de les utiliser pour une parution presse ! Mais le stagiaire n’est pas le seul à mettre en cause. La personne chargée de valider son travail aurait également dû « tilter ».

L’erreur a été relevée, après parution, par un internaute français. Sur Twitter, @koramarok s’est étonné : « Ils ont un drôle de sens de l’humour au Festival de Jazz de Montreux 🙂 ». Bien évidemment, le festival a retiré de la circulation tous les exemplaires de journal concernés…

* du 5 au 20 juillet 2013 à Montreux (Suisse)

Thomas Levy