Foie gras : cinq anciens gaveurs dénoncent des pratiques frauduleuses

Cinq anciens gaveurs de canards assurent que l'un des leaders mondiaux du foie gras, Euralis, ne respecterait pas les normes imposées. L'un d'entre eux dit avoir vu défiler des volatiles malades entre ses mains.

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Philippe Laque, ancien gaveur du groupe Euralis, assure avoir vu défiler des canards malades entre ses mains. ©ThinkStock

Après le scandale de la viande de cheval, voici venu celui du foie gras. Si, depuis quelques années déjà, les défenseurs des animaux dénoncent le gavage abusif des canards, pour la première fois, cinq gaveurs parlent. D’après eux, le Béarnais Euralis, l’un des leaders mondiaux en matière de foie gras, ne respecterait pas les règles imposées pour obtenir l’indication géographique protégée (IGP) « Sud-Ouest ».

L’un d’entre eux, Philippe Lapaque, assure avoir vu défiler des volatiles malades entre ses mains. Sur son blog, il affirme avoir constaté « que certains canards [présentaient] les syndromes de la maladie de Derzsy », voire « d’autres maladies ». Pire, « les formateurs d’Euralis [conseillaient] l’utilisation de médicaments sur les canards, une pratique proscrite ».

Pour l’ancien gaveur, s’en est trop. Il démissionne en 2003 et décide de dénoncer ces « pratiques abjectes ». Il y a un an, lui et quatre autres hommes portent plainte contre X pour tromperie auprès du parquet de Pau. Une démarche restée vaine jusqu’à présent.

Euralis nie toutes pratiques frauduleuses

Pour assurer sa défense, Euralis s’explique dans un communiqué, envoyé à France Bleu Gascogne : « L’administration d’antibiotiques est tout à fait exceptionnelle, elle ne se fait que selon des règles strictes (…) Un éleveur ou un gaveur se doit de soigner un canard malade (…) Si pour soigner l’animal il reçoit un traitement antibiotique le canard perd son appellation IGP Sud-Ouest ».

Par ailleurs, Euralis ajoute « avoir une exigence de qualité totale concernant ses produits » et affirme que, dans le cas de l’IGP Sud-Ouest, un « contrôle indépendant est exercé sur les producteurs par Qualisud, organisme certificateur agréé par le Ministère de l’Agriculture ».

Enfin, ce leader mondial assure que « la maladie de Derzsy ne fait pas partie des maladies réglementées » et que « cette maladie se traite, le cas échéant, par vaccination et non par la prise d’antibiotique ».

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Mathilde Bourge