Fonctionnaires : le gouvernement annonce la suppression du jour de carence

La ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, a déclaré hier que le jour de carence des fonctionnaires sera prochainement abrogé. Le premier jour d’arrêt maladie sera donc de nouveau payé à l’automne 2013.

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Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, a annoncé hier la suppression prochaine du jour de carence des fonctionnaires. - Crédit photo : SEVGI ©Sipa

Les Échos avaient lancé la rumeur, Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, l’a confirmée hier. Le jour de carence des fonctionnaires sera abrogé. Une bonne nouvelle pour les employés de la fonction publique, alors que le gouvernement a confirmé sa volonté de faire des économies dans le secteur.

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Qu’est-ce que le jour de carence ? Il s’agit de la non rémunération du premier jour d’arrêt maladie des fonctionnaires. Cette mesure a été mise en place par le gouvernement Fillon fin 2011 pour tenter de lutter contre l’absentéisme.

Quand la mesure sera-t-elle supprimée ? « Le gouvernement proposera de l’abroger par la prochaine loi de Finances » a déclaré Marylise Lebranchu, interrogée par Les Échos (édition du 21 février).

Jour de carence : M. Lebranchu juge la mesure « injuste, inutile et inefficace »

« Injuste » : la ministre rappelle que les jours de carence sont pris en charge dans le privé par les employeurs pour deux tiers des salariés.

« Inutile » : elle estime que l’absentéisme touche aussi bien la fonction publique que le secteur privé.

« Inefficace » : Marylise Lebranchu assure que la mesure n’a aucun impact sur l’absentéisme : « Entre 2011 et 2012, la proportion d’agents en arrêt court est passée de 1,2 % à 1 % à l’État, de 0,8 % à 0,7 % dans les hôpitaux, et est restée stable, à 1,1 %, dans les collectivités ».

Par ailleurs, « l’impact budgétaire du jour de carence est très limité, explique-t-elle, de l’ordre de 60 millions d’euros pour l’État ». Le gouvernement Fillon espérait le double.

Le gouvernement prévoit une retenue sur salaire en cas d’arrêt non justifié

Comment le ministère entend lutter contre l’absentéisme ? Marylise Lebranchu concède qu’il existe bien un abus vis-à-vis des arrêts de travail. Pour réduire l’absentéisme, elle entend renforcer les contrôles et les rendre aussi exigeants que ceux réalisés dans le secteur privé. Elle prévoit également une retenue sur salaire si l’employé ne justifie pas son arrêt dans les 48 heures.

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Cécile David