Fukushima : le risque de cancer confirmé

L’OMS assure que les habitants des zones touchées par l’accident nucléaire de Fukushima ont plus de risque que le reste de la population de développer certains cancers.

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l’OMS déclare que le risque de cancer de la thyroïde chez les femmes et les enfants a augmenté de 70 %, depuis l’accident nucléaire de Fukushima, chez les habitants des régions contaminées. - Photo : la centrale Fukushima, en 2008 - Crédit photo : NHK - C ©Sipa

En 2011, un séisme dévaste le Japon. Le 11 mars, la centrale nucléaire de Fukushima est touchée. Près de deux ans après l’accident, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) confirme les craintes de la population : les habitants des régions contaminées ont un risque accru de développer certains types de cancer.

Fukushima : augmentation du risque de cancer de la thyroïde

Dans un rapport publié le 28 février, l’OMS déclare que le risque de cancer du sein a augmenté, depuis l’accident, de 6 % chez les femmes « exposées au stade de nourrisson », celui de cancer de la thyroïde de 70 % pour cette même catégorie de personnes. Elle assure, par ailleurs, que le risque de leucémie a grimpé de 7 % chez les hommes « exposés au stade de nourrisson ».

Même constat du côté des secouristes mobilisés sur le site en 2011. Un tiers d’entre eux aurait un risque de cancer plus élevé que chez les autres. L’OMS se veut rassurante, cependant, pour le reste de la population : les risques seraient plutôt faibles.

En ce qui concerne les employés de la centrale, l’OMS souligne qu’il y a une « augmentation des risques concernant leur vie entière pour la leucémie, le cancer de la thyroïde et l’ensemble des cancers solides, par rapport aux taux de référence ».

L’OMS recommande une surveillance sanitaire sur le long terme

« [Ce] rapport souligne la nécessité d’une surveillance sanitaire à long terme chez ceux qui présentent un risque accru, ainsi que la mise en place d’un suivi médical » a déclaré Maria Neira, directrice du Département santé publique et environnement de l’OMS.

Greenpeace accuse les auteurs du rapport de « sous-estimer honteusement » les conséquences de l’accident nucléaire sur la santé : « Ce rapport est à considérer comme une déclaration politique pour protéger l’industrie nucléaire et non pas comme un travail scientifique axé sur la santé des personnes. »

Pour l’instant, aucun chiffre n’a été divulgué concernant le nombre exact d’irradiés de la centrale.

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Cécile David