Fumer au volant : une pollution trois fois supérieure à la norme de l’OMS

Griller une cigarette dans sa voiture expose le fumeur et les autres passagers à un taux de pollution trois fois supérieur à la norme fixée par l'OMS pour la qualité de l'air intérieur.

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une personne fumant à l’intérieur de sa voiture s’expose à trois fois plus de fines particules que la limite imposée par l’OMS. © nenovbrothers ©Fotolia

La revue britannique Tobacco Control révèle dans son numéro daté du 16 octobre qu’une personne fumant à l’intérieur de sa voiture s’expose à trois fois plus de fines particules que le taux maximum recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Même constat pour les personnes qui l’accompagnent.

Le seuil moyen de concentration de particules fines est fixé par l’OMS à 25 microgrammes par m3 en 24 heures. Or, selon cette étude* du docteur Semple (université d’Aberdeen, Écosse), les personnes enfermées dans une voiture en présence d’un fumeur ingèrent 85 microgrammes par m3 en moyenne. Un chiffre 10 fois plus important que lorsque les témoins se trouvent dans un véhicule non-fumeur. Inutile d’ouvrir la fenêtre pour tenter de faire diminuer ce taux, les résultats seraient les mêmes.

Ces particules fines font partie des causes de développement de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Un risque amplifié lorsqu’elles sont exposées à des enfants qui, comme le rappelle le docteur Semple ont « une fréquence respiratoire plus rapide et un système immunitaire moins développé. »

En conclusion, l’équipe de chercheurs revendique « une interdiction de fumer en voiture. » Cela « permettrait d’éviter l’exposition des enfants à un tabagisme passif excessif. » En 2008, une proposition de loi en faveur de cette interdiction avait été déposée à l’Assemblée nationale. Aucune suite depuis.

 * Test réalisé sur une durée moyenne de 27 minutes en fixant sur les sièges arrière des voitures des capteurs capables d’enregistrer la concentration de particule fines dans l’habitacle.

Cécile David