Fumer du cannabis, adolescent, abîme le cerveau

Nombreux sont ceux qui défendent les vertus thérapeutiques de la consommation raisonnable de cannabis. Cependant, une étude démontre qu'à l'adolescence la consommation de cette drogue a des conséquences néfastes sur le cerveau, à l’âge adulte.

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La question de la légalisation du cannabis, c’est également la question de l’effet de sa consommation sur la santé. Perçue comme une drogue douce, le cannabis est souvent consommé par les adolescents dans un cadre festif. Cependant une étude réalisée par l’équipe de Madeleine Meier, psychologue à l’université Duke pourrait venir mettre un terme à cette attitude.

Le cannabis diminue les capacités intellectuelles

Publiés dans les Actes de l’Académie américaine des sciences, les résultats des recherches révèlent qu’une consommation régulière de cannabis à l’adolescence laisserait des séquelles à l’âge adulte. L’équipe a pu établir un lien entre la baisse des capacités intellectuelles chez certains adultes et leur consommation de cannabis à l’adolescence.

Pour réaliser cette expérience les chercheurs ont établi deux groupes. Le premier groupe était composé uniquement de consommateurs réguliers de cannabis alors que dans le deuxième, il n’y en avait pas. Puis ils ont évalué leur quotient intellectuel (QI) à 13 ans et à 38 ans. Lors de la deuxième évaluation, les chercheurs ont réalisé que le QI des consommateurs avait baissé de 8 points, alors que celui des non consommateurs avait légèrement augmenté. De plus, les consommateurs éprouvent davantage de difficultés à se concentrer et à mémoriser des choses.

Des conséquences qui pourraient être irréversibles à l’âge adulte

L’étude met l’accent sur l’importance de l’âge du consommateur. A l’adolescence le cerveau est encore en pleine formation et une consommation régulière de cannabis peut donc avoir des effets irréversibles. Ainsi, ceux, parmi les consommateurs, qui ont diminué leur consommation à l’âge adulte n’ont pas réduit l’écart de QI avec les non consommateurs. L’étude ne prouve pas qu’un arrêt plus précoce aurait permis de réduire l’écart. Cependant, elle démontre que les personnes ayant débuté leur consommation à l’âge adulte ne souffrent pas du même d’écart de point de QI.

Maëla Priolet