Furosémide : l’ANSM lève l’alerte

Le directeur de l’ANSM a annoncé la fin de l’alerte au Furosémide, le diurétique soupçonné d’avoir été échangé avec un somnifère. Une enquête menée à l’usine Teva n’a montré « aucune anomalie ».

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Sur les 70 000 comprimés de Furosémide inspectés à l'usine Teva, aucun échange de comprimé n'a été constaté. ©Sipa

Fin de l’alerte au Furosémide, ce diurétique des laboratoires Teva suspecté d’avoir été échangé avec un somnifère. « Les malades peuvent reprendre leur traitement », a assuré Dominique Maraninchi, le directeur de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), jeudi 20 juin, au micro d’Europe 1.

L’alerte avait été donnée le 7 juin dernier, suite à la découverte, par un pharmacien de Saint-Malo, de comprimés de Zopiclone (un somnifère fabriqué par Teva) dans une boîte de Furosémide. La patiente qui avait rapporté la boîte à l’officine se plaignait de somnolences et avait elle-même constaté des comprimés « différents » selon les plaquettes. Parallèlement, plusieurs décès suspects, notamment celui d’un homme de 91 ans à Marseille, qui prenait du Furosémide depuis une semaine, ont inquiété l’ANSM. L’agence avait donc décidé, par mesure de précaution, de rappeler tous les lots de Furosémide Teva 40 mg. Ces boîtes ont été échangées gratuitement par celles d’autres marques.  

L’énigme du Furosémide échangé avec un somnifère

Chez les laboratoires Teva, branle-bas de combat. Y’a-t-il réellement eu une erreur de conditionnement du diurétique ? À première vue, non. L’inspection de l’ANSM, menée à l’usine de fabrication du médicament à Sens, dans l’Yonne, n’a montré « aucune anomalie ». « Sur 70 000 comprimés [examinés], nous n’avons pas observé d’échange », a indiqué Dominique Maraninchi. « Nos analyses faites sous contrôle de la Police n’ont pas montré de comprimé suspect, c’est rassurant », a-t-il ajouté.

À ce stade de l’enquête, aucun lien de causalité n’a été établi entre la prise du diurétique et les décès signalés. L’échange de médicament constaté à Saint-Malo reste a priori un cas isolé… Est-il le résultat d’un acte de malveillance ? Le mystère reste entier, mais « les investigations continuent » a précisé le directeur de l’ANSM.

En France, environ 800 000 personnes sont traités avec du Furosémide, dont 57 000 environ avec le Furosémide Teva 40 mg.

> Lire aussi : Médicaments mal conditionnés : que s’est-il passé ? 

Vidéo Europe 1 – Dominique Maraninchi, directeur de l’ANSM : « Les malades traités au Furosémide peuvent reprendre leur traitement »


Furosémide : « Fin d’alerte, les traitements… par Europe1fr

Julie Toury