Galileo : les satellites se sont mal positionnés

Lancés la semaine dernière dans le cadre d'un vaste projet de GPS européen, les satellites Galileo 5 et 6 n'ont pas atteint l'orbite prévue. Les remettre sur la bonne trajectoire semble compliqué.

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Le problème provient de l'étage supérieur (Fregat) de la fusée, chargé du placement des satellites sur la bonne trajectoire. - image d'illustration ©ShutterStock

La mission Galileo est actuellement mise à mal. Lancée le 21 août, la fusée Soyouz a positionné les satellites 5 et 6 sur une trajectoire trop basse. Les deux engins spatiaux devaient s’ajouter à quatre autres satellites envoyés dans l’espace en 2011 et 2012 dans le cadre d’un projet souhaité par la Commission européenne : développer un système de navigation made in Europe pour concurrencer le GPS américain. Ce problème de trajectoire perturbe les scientifiques.

Galileo : les équipes ont fêté la réussite de la mission un peu trop tôt

Sat-5 et Sat-6 ont été placés sur une ellipse passant au plus près à 13 800 kilomètres (km) d’altitude et au plus loin à 25 850 km de la Terre, avec une inclinaison de 49,8 degrés. Normalement, ils auraient dû être laissés sur une orbite circulaire située à 23 522 km d’altitude et inclinée de 55 degrés par rapport à l’équateur. L’écart serait trop important pour que les satellites puissent rejoindre l’orbite visée par l’Agence spatiale européenne (ESA), en charge du projet Galileo.

Le problème provient de l’étage supérieur (Fregat) de la fusée, conçu par l’entreprise russe NPO Lavotchkine, qui doit placer les satellites sur la bonne trajectoire. Deux mises à feu de son moteur devait être effectuées après la première impulsion donnée par Soyouz. Dans un premier temps, les équipes russes et européennes ont cru que tout s’était déroulé comme convenu : les allumages ont eu lieu au bon moment et pendant une durée normale. Ils s’empressent de célébrer la réussite de la mission en envoyant des communiqués officiels. Puis déchantent.

Satellites mal positionnés : une enquête va être lancée

« Ce n’est qu’après la séparation des satellites, et en temps différé, que l’exploitation des informations fournies par les stations de télémesure de l’ESA et du CNES (Centre national des études spatiales) a révélé que l’orbite atteinte n’était pas conforme à celle attendue », indique l’Arianespace, la société en charge du lancement (Le Figaro). Les scientifiques pensent que l’étage Fregat a pu rencontrer un problème de capteur et ainsi positionné les satellites en pensant qu’il s’agissait de la bonne direction. Autre hypothèse : l’engin a été mal programmé et s’est donc orienté dans le mauvais sens.

Une commission d’enquête indépendante va être mandatée ce lundi 25 août par Arianespace, en association avec l’ESA et la Commission européenne, pour « définir les causes précises de cette anomalie et en tirer les conséquences et actions correctrices permettant un retour en vol en toute sécurité et dans les meilleurs délais », a déclaré Stéphane Israël, P.-D.G. D’Arianespace.

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Cécile David