Génériques : Prescrire plus pour économiser plus

Le directeur général de l'Assurance maladie, Frédéric Van Roekeghem, préconise d'augmenter encore un peu plus les prescriptions de génériques. Une telle évolution pourrait permettre d'économiser 500 millions d'euros.

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En 2013, les génériques ont déjà permis d'économiser 1,6 milliard d'euros, contre 1,4 milliard l'année précédente. - crédit photo : Syda Productions ©ShutterStock

En début de semaine, l’Assurance maladie a présenté des pistes pour réaliser 2,9 milliards d’euros d’économies sur les dépenses de santé 2015 et ainsi respecter l’objectif fixé par le gouvernement : économiser 10 milliards d’euros d’ici 2017. Frédéric Van Roekeghem, directeur général de l’organisme, met en avant l’une de ces propositions : prescrire davantage de génériques pour économiser 500 millions d’euros. Pour cela, il faudrait que les prescriptions soient réalisées à hauteur de 60 %, au lieu de 40 % actuellement.

Génériques : certains médecins s’y opposent encore

L’année dernière, les génériques ont déjà permis d’économiser 1,6 milliard d’euros, contre 1,4 milliard en 2012. La plupart des médecins en prescrivent mais quelques résistants refusent et utiliseraient de manière exagérée la mention « non substituable » pour éviter que les pharmaciens ne proposent à leurs patients un équivalent du médicament original. La Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts) menacent ces praticiens de sanctions financières.

Génériques : la France est à la traîne

L’amélioration des prescriptions fait partie des propositions émises dans le rapport rendu public cette semaine. Elle permettrait d’économiser au total 700 millions d’euros. Frédéric Van Roekeghem demande aux médecins de faire « un petit effort ». Il les invite à « mieux prescrire le médicament, moins d’antibiotiques [et] plus de génériques lorsque c’est possible ». Cela permettrait à l’Assurance maladie de « dégager des marges de manœuvre sans dé-rembourser les patients et d’introduire les innovations », a-t-il expliqué hier, jeudi 3 juillet, au micro de RTL.

Côté génériques, Monsieur Van Roekeghem constate qu’en France, « nous [les] utilisons beaucoup moins que les autres ». « Sur les antibiotiques, nous avons fait de gros progrès (…) dans les années 2000, reconnaît le responsable. Mais nous prescrivons encore 30 % de plus d’antibiotiques que l’Espagne, 40 % de plus que l’Allemagne ».

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Damien Rigat