GPA : parcours du combattant et budget conséquent

Certains couples français en mal d'enfant contournent la loi française et s'adressent à des sociétés étrangères pratiquant la gestation pour autrui (GPA) de manière légale et très encadrée. Une démarche onéreuse, s'élevant à plusieurs dizaines de milliers d'euros.

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GPA - Jérôme et François ont dû dépenser environ 100 000 dollars (72 000 euros). - crédit photo : Morgan DDL ©ShutterStock

« La question de l’argent pose souvent problème, constate François, qui a eu deux enfants (Betty et Roman) par GPA avec son compagnon Jérôme. Il faut en parler librement pour sortir des fantasmes. Colleen, la mère porteuse, a reçu l’équivalent d’un Smic pendant toute sa grossesse, un dédommagement qui me semble normal ».

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Il tient à préciser qu’elle et son mari « vivent très bien » par ailleurs. « Ils sont tous les deux diplômés de l’université, habitent une grande maison, possèdent une exploitation agricole et roulent en 4×4. En réalité, la compensation financière a surtout servi à contrebalancer le manque à gagner lorsque Colleen était enceinte et qu’elle ne pouvait plus travailler (pas de prise en charge de la sécurité sociale comme en France). Si on prend en considération les autres frais (médicaux, d’avocat, etc.), le couple a dû débourser environ 100 000 dollars (72 000 euros). « Tout le monde ne peut pas dépenser autant. Cela crée une vraie disparité et c’est souvent par manque de moyens que des couples se tournent vers des pratiques illégales et donc dangereuses. »

GPA : l’entraide pour réduire la note

Pour Marion, qui a déjà tenté d’avoir un enfant grâce à une GPA, le réseau d’amitié a primé sur le recours à une agence spécialisée, beaucoup trop coûteuse. Pour autant, la jeune femme a dû dépenser plus de 20 000 euros pour couvrir les frais médicaux, les voyages, et les autres dépenses. Mais son projet s’est soldé par un échec (une fausse couche). Elle précise qu’aucune somme n’a été versée à la gestatrice puisqu’il s’agissait d’un proche. « Elle n’a jamais souhaité de dédommagements ». Allers-retours en Grèce, en Albanie, stress, espoir, déceptions à répétition. Marion a perdu beaucoup d’énergie, encaissé de nombreux chocs émotionnels mais ne baisse pas les bras.

Cécile David