Greffe de rein : des inégalités d’accès importantes

Seuls 45 % des insuffisants rénaux auraient bénéficié d’un don d’organe en France. Les États généraux du rein pointent du doigt des inégalités tenaces face au traitement. Ils lancent un appel aux pouvoirs publics pour les résorber.

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Selon l’association Renaloo, si 70 % des malades étaient transplantés, le coût de la prise en charge de l’insuffisance rénale pourrait diminuer d’1,7 milliard d’euros. ©ThinkStock

Lancés en mars 2012 par des associations de malades, les États généraux du Rein se sont achevés le lundi 17 juin. Ils dénoncent d’importantes disparités sociales face au traitement contre les insuffisances rénales. En France, seuls 45 % des 71 000 malades auraient bénéficié d’une greffe de rein. Un chiffre qui grimpe à 70 % en Norvège.

Les greffés du rein vivent en meilleure santé que les dialysés

Le recours à la dialyse (technique d’épuration du sang) l’emporte sur le don d’organe. « Plusieurs études ont pourtant montré que la qualité de vie des patients, même âgés, est meilleure après une greffe », note Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice générale de l’Agence de la biomédecine (Le Figaro). Ils auraient aussi, à partir d’un certain âge, une espérance de vie plus importante que celle des personnes traitées par dialyse.

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Par ailleurs, élargir l’accès au don d’organe représenterait un avantage économique. Un malade greffé coûterait en moyenne 20 000 euros par an ; un dialysé environ 80 000 euros. Selon l’association Renaloo, si 70 % des malades étaient transplantés, le coût de la prise en charge de l’insuffisance rénale pourrait diminuer d’1,7 milliard d’euros.

Greffe du rein : les associations lancent un appel aux pouvoirs publics

D’après les observations des experts, les patients en insuffisance rénale issus des catégories sociales les moins diplômées seraient, en général, moins bien informés sur le don d’organe et moins bien orientés par le personnel médical. Cette même catégorie de personnes serait davantage touchée par le diabète, l’obésité et les néphropathies vasculaires. Des pathologies incompatibles avec une greffe de rein.

Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé et publiée dans le Huffington Post, l’association Renaloo souligne l’importance de ces disparités. « Au plan socio-professionnel, les personnes traitées par dialyse sont confrontées à de profondes difficultés d’accès et de maintien dans l’emploi, souvent liées à une logique du soin qui se heurte à celle du travail, avec des pertes de revenus, un appauvrissement, une désocialisation, d’immenses obstacles à la réalisation de projets ». L’association met en avant les zones d’ombres mais aussi les « nombreuses pistes d’amélioration » qui se sont dessinées au cours des mois de discussion.

Elle compte sur les parties prenantes et les pouvoirs publics pour « relever le défi et transformer [les espoirs des malades] en réalités ».

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Damien Rigat