Grève des pilotes de Canadairs le 1er juillet

Les pilotes des bombardiers d’eau pourraient être en grève à compter du 1er juillet si les négociations avec l’administration ne permettent pas de trouver une solution à l’immobilisation de trois appareils cet été.

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Grève, le 1er juillet, des pilotes de Canadairs contre les restrictions budgétaires ©ThinkStock

Un préavis de grève illimitée vient d’être déposé par les pilotes des bombardiers d’eau, à compter du 1er juillet, pour manifester contre les restrictions budgétaires qui mettent en péril le bon exercice de leur profession. En effet un avion de reconnaissance et deux Canadairs, sur les douze que compte la flotte basée à Marignane, devront rester au sol cet été. Cette mesure, notamment adoptée pour diminuer les coûts de la maintenance, a été prise en mars dernier lors de la réunion annuelle de la commission aéronautique de la Sécurité civile.

« Le but étant de sauter une visite annuelle de maintenance et de limiter les dépenses. Il est vrai que l’aviation coûte très cher, mais c’est comme une assurance : quand les problèmes surviennent, mieux vaut être bien garanti » déclare Michel Laur, secrétaire général SPAC et porte-parole de l’intersyndicale. Avant c’était les techniciens de la sécurité civile qui assuraient la maintenance des appareils de la flotte. Mais depuis 1994 la maintenance a été accordée à un industriel privé.

En cas d’urgence les avions « feront cruellement défaut »

« Dans l’hypothèse d’une situation critique, c’est-à-dire si nous sommes confrontés à des incendies très importants, les avions bloqués à terre feront cruellement défaut. Nous tenons à ce que la population en soit informée », souligne Michel Laur.

Pour éteindre les inquiétudes, l’administration assure qu’il pourra être fait usage des deux CL 415 (avions bombardiers d’eau amphibies) en cas de gros feux. Mais d’après les pilotes, cette mesure n’est pas crédible. En effet la remise en ligne d’un Canadair nécessiterait un délai de vingt-quatre heures, ce qui empêcherait toute action urgente.

« Nous avons fixé notre préavis de grève au 1er juillet afin de laisser un large espace de temps à la négociation, ajoute le syndicaliste. D’ici là, l’administration a le temps de bouger si elle en a la volonté. Mais pour l’instant, c’est le statu quo » déplore Michel Laur.

Maëla Priolet